Pendant toute une semaine, durant ce mois dédié à la poésie aux États-Unis, l’Américaine Dasha Kelly Hamilton – auteure, conteuse, poète et femme entrepreneur – a touché le coeur de centaines de Mauriciens, de différentes sphères de la société, à travers des ateliers d’écritures, de poésies, de slam et d’entreprenariat dans le but de leur faire prendre conscience de la puissance des mots, de l’importance de la clarté de la pensée et du partage. Ce faisant, elle rejoint l’idée du poète américain Marc Kelly Smith, ancien employé du secteur de la construction qui ne pensait pas à la poésie comme quelque chose de « lofty, a refined ideal that people should strive to achieve ». Selon Dasha Kelly, il cherchait à savoir « how to give back poetry the people ».
« You don’t have to be an academic, you don’t have to have a degree, […] to be a slam poet. ». Ces mots puissants, rendant sa noblesse à l’intelligence humaine et à la capacité de tout être de dire les choses, ont été au coeur des différentes interventions de l’artiste, que ce soit avec des écrivains, lors d’un atelier à l’Institut français de Maurice (IFM), les représentants d’Ong travaillant avec les enfants, les étudiants des universités de Maurice ou de l’Open University, des élèves du secondaire – notamment ceux de la Bocage International School, ou encore des poètes et amoureux de la poésie réunis chez la chargée d’affaires de l’ambassade des États-Unis à Maurice, Mélanie Zimmerman, à Floréal.
Le moment partagé avec la poétesse américaine a été tout simplement enrichissant pour les uns et les autres. Les écrivains réunis à l’IFM samedi ont ainsi eu l’occasion de s’adonner à un certain nombre d’exercices, tantôt seuls, tantôt en groupe, faisant appel à leur imaginaire et à leur créativité. Pour Dasha Kelly Hamilton, le tout est de choisir « le bon mot », avec un ayant la capacité de faire appel au visuel et qui allie une action et un sentiment. « A strong action word is important », dit-elle. Et de faire ressortir : « La poésie est une économie du langage. Cela rend l’écriture riche et concise. »
Le lundi suivant, c’était au tour du personnel des Ong de s’adonner à des exercices qu’ils pourront répéter dans les cours avec les enfants. Objectif : « Trouver des exercices qui pourront aider les enfants à comprendre et à dire leurs sentiments. » Dasha Kelly Hamilton souligne que ces enfants ont besoin de temps libre pour jouer. « When you let children play, they will give you information you will need to help them », soutient-elle, avant d’ajouter qu’il « faut raconter des histoires aux enfants, car cela les aide à prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls dans leur lutte ».
« Kids don’t have a wide range of perspective. All they know is how they feel. » Ainsi, les encourager à créer et à raconter leurs propres histoires favorise l’accès aux émotions que sont la joie, la peur, la peine ou la colère. Selon elle, il convient également de donner l’occasion aux enfants de s’approprier des histoires qu’ils connaissent, de les réécrire et de les raconter. « Give them the chance and the space to shine », lance-t-elle.