La dizaine de chauffeurs de taxi basés à l’hôtel Veranda Pointe-aux-Biches sont inquiets. Leur gagne-pain serait menacé par de la concurrence « illégale et déloyale » que leur font des canvassers opérant librement sur la plage de cet établissement hôtelier. « Ils nous piquent nos clients pour des excursions autour de l’île au nez des autorités. Touris pe vwayaz dan transpor ilegal », déclarent Nawaaz Boolaky et Sanjeev Ittoosingh, respectivement président et secrétaire de la Veranda-Pointe aux Biches Hotel Taxis Association.
La situation que décrivent ces chauffeurs de taxi se passe depuis plus d’une année. Ils sont quelques canvassers à opérer à partir de la plage de l’hôtel Veranda Pointe-aux-Biches. Selon les taximen, ils auraient libre accès aux touristes qui se prélassent sur la plage et leur vend des excursions à travers l’île en se faisant passer pour des opérateurs légaux. « Il y a même un qui affirme être un agent du gouvernement », déclare Sanjeev Ittoosingh.
Les chauffeurs de taxi ont ainsi observé que plusieurs minibus viennent récupérer des touristes à l’hôtel quotidiennement pour les emmener en excursion. « C’est illégal, ils ne possèdent pas de permis pour ce travail. Ils ne sont pas réglementés par l’industrie touristique. Ils sont des marrons. De telles opérations peuvent nuire à la réputation de notre industrie », souligne le secrétaire de la Veranda-Pointe aux Biches Hotel Taxis Association.
Selon Sanjeev Ittoosingh, les touristes pensent que les canvassers concernés travaillent pour l’établissement hôtelier. « Ils nous l’ont dit car ils les voient jouer au volley-ball sur la plage avec d’autres clients, s’occuper des transats et autres équipements appartenant à l’hôtel. Même les agents de sécurité les laissent faire », déclare-t-il. Il ajoute que ces canvassers opèrent tous les jours, même les jours fériés.
Entre-temps, les taximen restent assis sur leur base toute la journée faute de travail. Ils en veulent pour preuve cette semaine où il n’y a eu qu’une ou deux sorties par jour, que pour des trajets courts, mais aucune excursion. « Nous jouons au domino en attendant les clients », précise Nawaaz Boolaky qui soutient rentrer à la maison de nombreuses fois par mois sans aucun revenu. Le secrétaire rappelle que les taximen ont divers frais, en sus des prêts bancaires qu’ils doivent rembourser. Dans certains cas, environ Rs 10 000 mensuellement. « Ki pou manze ? Nous ne voulons pas être des assistés, nous avons notre travail légal mais on nous fait de la concurrence illégale », fait-il ressortir.
Les membres de la Veranda-Pointe aux Biches Hotel Taxis Association indiquent avoir alerté toutes les autorités concernées – la police, la Tourism Authority, la National Transport Authority (NTA), la Beach Authority, la Mauritius Tourism Promotion Authority (MTPA), le ministère du Tourisme, les députés et ministres de la circonscription ainsi que le Bureau du Premier ministre. « Mais, les opérations illégales ne cessent pas. Des inspecteurs de la NTA sont venus quelques fois et ont pris en contravention certains des propriétaires des véhicules. Ils ne peuvent rien contre les canvassers », fait ressortir M. Ittoosingh. Ils disent avoir discuté avec la direction de l’établissement hôtelier en question, mais celle-ci leur aurait fait comprendre que ce problème concerne plutôt le gouvernement. Pour pouvoir survivre, disent-ils, l’association a fait imprimer des flyers qu’elle distribue auprès des touristes leur indiquant les services et les prix que ses membres pratiquent pour les différentes excursions à travers l’île.