L’Assistant Secretary au ministère de l’Information et de la Technologie informatique, Dharamraj Deenoo, s’est déjà vu administrer des claques magistrales par le Directeur de l’Audit au sujet de sa gestion de la conférence internationale BPO/ICT d’octobre 2011. La Management Letter de l’Audit contient des dénonciations accablantes quant au non-respect des procédures financières et aux abus notés par rapport au sponsorship de Rs 7,7 millions obtenus du privé.
Le Directeur de l’Audit n’est pas allé de main morte dans ses accusations contre l’Asssitant Secretary Deenoo dans cette affaire en s’interrogeant sur le comportement de ce haut fonctionnaire. « The Assistant Secretary has been incessantly interfering in the audit exercise. He has been frequently trying to know what my officers were doing and what were their findings and then intimidating my officer », affirme le Directeur de l’Audit en guise d’introduction à l’exercice de vérifications de compte à ce ministère. Ces conclusions de l’Audit devront trouver un écho plus conséquent dans l’enquête de l’ICAC sous le Prevention of Corruption Act.
« The Assistant Secretary behaved as if he knew our job better than us. He has been to the extent to argue that funds for the conference provided by sponsors were not government funds », ajoute l’Audit. Cet Assistant Secretary s’est gardé de fournir à l’Audit une liste complète des délégués à cette conférence et des coûts relatifs aussi bien que des détails de cet événement.
« The Assistant Secretary was not aware of or ignored the provisions of section 110 and 110 (2) of the Constitution of Mauritius and section 20.5.15 of the Financial Management Manual », note l’Audit, qui rappelle que tous les fonds reçus par le gouvernement doivent être inpérativement versés dans le Consolidated Fund, ce qui n’aurait pas été le cas dans la conjoncture.
Passant au crible les dépenses encourues pour cette conférence sur la technologie informatique, l’Audit soutient que « no estimate of the various expenses which would be involved for the holding of the conference was seen », en soulignant également que le président du comité organisateur s’est substitué au comité pour l’évaluation et l’allocation de tous les contrats, notamment de « manzé bwar » comme suit:
– Rs 1,733,760, dont un dîner de gala, à Le-Méridien, où s’est tenue la conférence et une somme supplémentaire de Rs 227,410 à Fusious Resort & Spa et Smegh Ltd/La Plantation pour les délégués sans aucun exercice d’appel d’offres;
– absence totale de transparence lors de l’octroi du contrat de fournitures de sacs aux délégués avec la Procurement Section tenue à l’écart et également pour l’approvisionnement de whisky pour les délégués;
– le ministère de la Fonction publique relégué au second plan pour le versement des allocations supplémentaires aux fonctionnaires avec une somme de Rs 362,000 à ceux du ministère, Rs 183,000 à ceux d’autres ministères et Rs 45,000 à des employés du National Computer Board;
– une somme de Rs 66,000 payée à Blue Bay Tokey Island Ltd pour une autre partie de « manzé bwar » à l’île aux Deux-Cocos le 22 octobre 2011 à l’intention des fonctionnaires ayant travaillé lors de la conférence.
Finalement, le Directeur de l’Audit met en garde contre des risques de manipulation (tampering) des documents. « All files in respect of the conference were kept in the office of the Assistant Secretary instead of the registry. In view of the shortcomings which concern the Assistant Secretary, there is the risk that documents may be tampered with to cover up the matter », avertit la Management Letter.
En tout cas, l’ICAC sait à quoi s’attendre dans cette affaire qui fait grand bruit à ce ministère avec des vagues successives de transferts punitifs. L’Audit « ine déjà massé ek krazé » pour éviter que l’enquête ne traîne en longueur comme dans l’affaire du recrutement d’un conseiller municipal de Curepipe en tant que Liaison Officer à la SMEDA à l’époque où Michael Sik Yuen était le ministre de tutelle ou encore les terres de Rose Gardens de Rose-Belle…