Cela fait cinq jours que le leader des Verts Fraternels Sylvio Michel et quatre autres activistes font une grève de la faim au Jardin de la Compagnie. Ils veulent attirer l’attention au sujet de leurs revendications pour compenser les descendants d’esclaves et pour qu’il y ait également une réparation en leur faveur, leurs tentatives en vue de faire bouger les choses du côté des gouvernements mauricien, français, hollandais et britannique et des entreprises du secteur privé ayant échoué.
Prenant la parole lors d’un point de presse sous une des tentes aménagées au Jardin de la Compagnie, Daniella Police-Michel, porte-parole du mouvement de grève de la faim, est revenue sur les raisons ayant poussé Sylvio Michel et quatre activistes des Verts Fraternels (VF) à mener cette grève. Cette décision a été prise lors d’une réunion des Verts Fraternels pour passer en revue les combats menés à tous les niveaux et par tous les moyens diplomatiques afin de réunir les gouvernements mauricien, britannique, français et hollandais, de même que les entreprises privées ayant bénéficié de l’esclavage et de l’engagisme autour de la question de compensation et de réparation des descendants d’esclaves. Des lettres leur ont été adressées en avril dernier, les invitant à honorer leurs responsabilités vis-à-vis des descendants d’esclaves, explique-t-elle. Le gouvernement français aurait concédé que l’esclavagisme a été un des crimes de l’humanité, informe Daniella Police-Michel. Les Verts Fraternels avaient également proposé d’instaurer une Green Reparation Foundation en vue d’atteindre cet objectif. Ils avaient aussi suggéré que chaque partie y contribue d’une manière ou d’une autre.
Les initiatives se sont poursuives avec la tenue d’une série de manifestations devant les entreprises du privé, dont le Mauritius Turf Club, la Mauritius Commercial Bank, la Mauritius Sugar Producers Association, des groupes hôteliers, le groupe Terra, en vue de réclamer que ces dernières participent à la compensation aux descendants d’esclaves dans le cadre des recommandations de la Commission Justice et Vérité. Une campagne d’information, qui a débuté le 1er septembre, a été également initiée en vue d’attirer l’attention du public sur la question.
Daniella Police-Michel lance de nouveau un appel aux gouvernements mauricien, britannique, français et hollandais et aux entreprises privées de se pencher sur la question d’instituer une fondation pour les réparations. Elle soutient que le secteur privé n’a pas répondu aux sollicitations des Verts Fraternels. Le porte-parole de l’action de grève de la faim interprète cela comme « un signe de peur et de réticence pour ne pas affronter la question de réparation ». « Il est grand temps que les descendants d’esclaves décrochent leur autonomie et qu’ils ne soient plus des dépendants », estime Daniella Police Michel, qui devait lancer un appel à chacune des parties citées. Elle dit espérer que le gouvernement français poursuive sa politique de réparation déjà entamée.
Daniella Police Michel lance aussi un appel au gouvernement mauricien afin qu’il facilite « les mesures pour le travail de généalogie et que tout travail en faveur des réparations aux descendants d’esclaves devrait se faire en consultation avec la Green Reparation Foundation ».
Interrogé sur l’état de santé de Sylvio Michel qui est à son cinquième jour de grève de la faim, Daniella Police Michel répond que cette grève est une « épreuve difficile » mais que Sylvio Michel a une fois inébranlable en dieu qui lui donne le courage de poursuivre son combat.