Le leader des Verts Fraternels, Sylvio Michel, regrette que les partis politiques n’aient pas été consultés avant les amendements aux National Assembly Elections Regulations 2014. Il s’élève contre l’augmentation de la caution des candidats de Rs 250 à Rs 1 500 car cela découragera ceux qui ont peu de moyens à se porter candidats. Il rappelle qu’en 1985, il y avait une tentative d’augmenter cette caution à Rs 10 000, mais que suite à des contestations de Guy Ollivry, ce projet avait avorté.
« La Commission électorale n’est pas une profit-making institution. Quelle est donc la raison derrière cette augmentation ? » demande Sylvio Michel, qui est d’avis que ces amendements profiteront surtout aux partis du gouvernement. Le leader des Verts Fraternels, qui dit entretenir de bonnes relations avec le Commissaire électoral, Irfan Rahman, regrette que la commission n’ait pas pris l’initiative de consulter les différents partis avant d’aller de l’avant avec les amendements. « Il n’y a pas eu de dialogue. On aurait pu inviter les partis à soumettre des propositions. Nous sommes des stakeholders et nous nous retrouvons devant des faits accomplis. Si nous voulons contester cette décision, nous devrons aller à la Cour Suprême et cela prendra trop de temps. »
Le nouveau montant de la caution, dit Sylvio Michel, représente un handicap pour ceux qui n’ont pas de gros moyens. Surtout que cet amendement a été présenté à quelques jours du Nomination Day. « Si un parti veut aligner 60 candidats, il lui faudra Rs 90 000 pour la caution, sans compter les dépenses de campagne. C’est énorme. Certains devront peut-être se retirer de ces élections. Je pense qu’il y aura moins de candidats indépendants par exemple. »
Ce dernier rappelle que par le passé, il y a eu une tentative d’augmenter la caution des candidats qui avait dû être finalement abandonnée. « En 1985, alors que sir Anerood Jugnauth était Premier ministre, on voulait amener la caution à Rs 10 000. On a dû faire marche arrière suite aux contestations de Guy Ollivry. »
De même, Sylvio Michel est d’avis que la présence des Yard Agents dans la cour des centres de vote était importante car « ils dirigeaient les électeurs véhiculés par le parti. Le Polling Agent, lui, est là simplement pour s’assurer que le vote se déroule dans de bonnes conditions. »
S’il y avait un changement qui était réellement nécessaire dans l’organisation des élections, ajoute Sylvio Michel, c’est que la commission aurait dû tenir les électeurs au courant de leur numéro et centre de vote et non pas les partis. « Cela aurait permis aux gens de savoir si leurs noms sont sur la liste des électeurs. Valeur du jour, beaucoup de personnes qui ont déjà voté par le passé ne retrouvent pas leurs noms sur la liste et ne peuvent voter. »
Par ailleurs, le leader des Verts Fraternels regrette qu’il n’y ait « qu’un membre de la population générale sur les 20 Returning Officers qui ont été nommés. » Il se demande ainsi où est l’île Maurice plurielle. « La commission doit être fair-play. »
Les Verts Fraternels comptent présenter 60 candidats aux prochaines élections. Valeur du jour, ils sont seulement 45 sur la liste. Sylvio Michel garde espoir qu’il trouvera les candidats manquants jusqu’au Nomination Day. Le parti souhaite également jouer la carte de l’équité en alignant 30 femmes et 30 hommes. « Même s’il y a plus de femmes que d’hommes, cela ne pose aucun problème. » Sylvio Michel, lui, sera candidat dans la circonscription N° 1.