Dans une analyse des extraits circulés du rapport de la Commission Justice et Vérité, les Verts-Fraternels fustigent la décision de la Commission Boraine de ne pas accorder une compensation financière. Ils regrettent que le secteur privé, qui a grandement bénéficié de l’esclavage et de l’engagisme, s’en tire à si bon compte. Pour eux, le rapport est venu confirmer qu’il y a eu une politique économique, culturelle et sociale « génocidaire » vis-à-vis des esclaves et de leurs descendants.
« Le rapport a certes dit des vérités ; il a identifié ceux qui ont profité et continuent de profiter de ce système injuste et criminel mais les commissaires laissent tout dans les mains de cette même minorité qui a profité et continue de profiter de l’esclavage et l’engagisme ; et comptent sur leur bonne volonté pour faire changer les choses ! » ironise le leader des Verts-Fraternels (VF) Sylvio Michel dans ses commentaires sur les extraits circulés du rapport de la Commission Vérité et Justice (CVJ). « Or sa minorite-la pena okenn lintere ki tou sanze ! » ajoute-t-il. Et de poursuivre : « Se sa linzistis-la ki la CVJ pe kontinie. »
Au début de son analyse, tout en soulignant la crédibilité de la CVJ qui est une émanation de l’Assemblée nationale elle-même, Sylvio Michel trouve que cette commission a « resi presant dan so rapor enn diagnostik krikri… lor sitiasion bann desandan esklav ek sitiation bann desandan travayer angaze ». « Le rapport dénonce, de façon sérieuse, toutes les politiques qui ont été menées du temps de l’esclavage et l’engagisme jusqu’aujourd’hui par les anciens propriétaires d’esclaves, par leurs descendants, par l’administration coloniale de l’époque, par les gouvernements successifs depuis l’indépendance et par la nouvelle bourgeoisie d’aujourd’hui », précise-t-il.
Pour le leader des VF, le rapport Boraine leur permet d’« affirme ki dan lil Moris finn ena enn politik ekonomik, kiltirel, sosial zenosider vis-à-vis bann esklav ek zot desandan ». (NdLR : un génocide est l’extermination physique, intentionnelle, systématique et programmée d’un groupe ou d’une partie d’un groupe en raison de ses origines ethniques, religieuses ou sociales, d’après le dictionnaire Le Robert). Dans ce contexte, Sylvio Michel fustige la décision de la CVJ de ne pas accorder une compensation financière. Il réfute les trois raisons qu’évoque la commission pour justifier sa décision : l’impossibilité de retracer les descendants d’esclave dans la population générale, « l’expérience catastrophique » des Chagossiens qui ont reçu une compensation financière des Britanniques et le conflit éventuel entre les bénéficiaires et les non-bénéficiaires. « Des raisons bancales ! » soutient-il.
Dans le même ordre d’idées, Sylvio Michel regrette que le privé, qui a grandement bénéficié de l’esclavage et de l’engagisme, s’en tire pourtant à si bon compte dans le rapport. « Sekter prive ki finn plis benefisie sistem esklavaz ek angazism, pa inkiete ditou. Rapor-la protez sekter prive, alor ki zot pli gran beneficier frwi travay esklav ek travayer angaze pandan plizir siek », commente le leader des VF.
Les VF trouvent d’autre part que la proposition de faire du 23 août soit jour férié pour marquer simultanément l’abolition de l’esclavage et l’arrivée des travailleurs engagés, et celle de la demande de pardon de l’État et des institutions privées « pa tini dibout ». « Bann lobi finn resi fer selebre sa de evennma-la separema, ek pardon san mwayin finansie pa pou sanz nannie ! »
Sylvio Michel a par ailleurs réclamé la publication et la vulgarisation du rapport. « Etan donne ki pre 60 million lamone piblik finn investi dan CVJ, boukou lenerzi ek letan finn konsakre dan travay sa komision-la, lapopilasion an drwa reklam ki rapor-la rann piblik et vilgarize. »