Depuis 15 ans, ils pédalent d’un bout de l’île à l’autre pour le plaisir de se retrouver et de partager. Habitant dans différentes régions du Sud, ils n’hésitent pas à aller jusqu’à Flic-en-Flac ou Belle-Mare, malgré le poids de l’âge. Armés de leur boîte à outils, en cas de panne, ils se font un devoir de se permettre ce temps de détente deux fois l’an avant le début de la coupe.
À 72 ans, Joseph Sydney est le doyen du groupe. Après une riche carrière au sein de la sucrerie de Savannah (devenue Omnicane), il est heureux de revoir ses amis pour une partie de vélo deux fois l’an. L’idée de monter un tel groupe revient à Clency Zaïre, qui voulait combler le manque de loisirs de ses collègues. «Quand on m’a dit que nous allions pédaler de L’Escalier à Flic-en-Flac, j’ai essayé de trouver tous les moyens pour chercher le trajet le plus court. Malheureusement, il n’y avait d’autres choix que de passer par Curepipe et Quatre-Bornes. J’ai dû prendre mon courage à deux mains pour aller jusqu’au bout », raconte-t-il.
Quinze ans plus tard, le parcours est devenu plus accessible pour le groupe. « Alors qu’auparavant on quittait le village à 6h30 pour arriver à destination à midi, maintenant, on part à 7h, et on arrive à Flic-en-Flac à 10h », renchérit Sylvain Dalais, qui a repris en main l’organisation de l’événement. Samedi dernier, le groupe a fêté dignement sa 15e année d’existence en organisant une sortie à Belle-Mare. Comme à l’accoutumée, ils sont partis à bicyclette et un camion est revenu les récupérer sur la plage dans l’après-midi.
Au fil des années, le groupe a grandi. Alors qu’ils étaient huit seulement pour la première sortie, ils se sont retrouvés à 33 pour la dernière. « En nous voyant, des jeunes ont voulu se joindre à nous. Aujourd’hui, le plus jeune cycliste du groupe a 15 ans et le plus âgé, 72 ans », précise Sylvain Dalais. Ne vous imaginez surtout pas que ces passionnés ont tous des vélos de randonnée derniers cris. « Chacun vient avec ce qu’il a. D’ailleurs, je suis toujours équipé de ma boîte à outils en cas de panne. Le but est que nous soyons ensemble. Personne n’est laissé derrière. S’il y a quelqu’un qui éprouve des difficultés, on s’arrête pour l’attendre. »
Quant à la sécurité sur la route, elle varie de région en région. « Quand nous allons dans des endroits comme Tamarin ou Le Morne, nous empruntons la route côtière, qui est plus sécurisée. Mais pour aller à Flic-en-Flac ou Grand-Baie, il faut faire très attention. Nous restons disciplinés sur la route. » Joseph Sydney se dit, lui, reconnaissant à l’ancien responsable des ressources humaines de la sucrerie, qui leur a donné le goût de telles activités. « À l’époque, il organisait des activités de loisirs en dehors des heures du travail. Nous avons voulu continuer dans cette voie en montant le groupe. »