Ils sont une dizaine, dont trois enfants de moins de 4 ans, à avoir trouvé refuge dans le centre communautaire de Bambous, après que leurs maisons ont été complètement ravagées par les flammes dans la nuit du vendredi 23 janvier. Les familles Armand et Lindor, qui habitaient cité La Ferme à Bambous, avaient assisté impuissantes à la perte de leurs biens, partis en fumée en quelques minutes.
Installés dans le centre communautaire au lendemain du drame, ils n’avaient en leur possession que les vêtements qu’ils portaient la veille. Nous les avons retrouvés entre les quatre murs de cette petite salle, tandis qu’ils essaient de se reconstruire tout doucement.
Priscilla Armand revit chaque seconde du drame comme un mauvais rêve. Elle se souvient de chaque détail de cette soirée du 23 janvier. Les flammes qui envahissent les maisons; l’odeur de la fumée qui pénètre leurs poumons et les empêche de respirer; les cris des uns et des autres, la panique, le désespoir. La scène repasse en boucle dans la tête de Priscilla. Quand le feu s’est déclenché, son époux, son fils d’un an et demi et elle dormaient paisiblement. Alertés par les cris des voisins, ils se sont précités vers la porte pour échapper aux flammes. Le feu s’est propagé si rapidement qu’ils n’ont eu le temps que de sauver leurs vies. “Tout s’est passé rapidement. En quelques minutes, le feu était partout. Nous avons assisté impuissants à la destruction totale de notre maison par les flammes”, raconte cette jeune mère.
Le cauchemar est presque identique pour Sydney Lindor. Lui aussi dormait quand son épouse est venue le réveiller pour lui demander d’évacuer les lieux à cause d’un incendie qui avait pris dans leur maison. “Apar tir fam ek zanfan dan lakaz, pann kapav tir nangne. Mo ti telma abriti.” Pendant ce temps, son fils aîné, Eldon, tentait d’éteindre le feu à l’aide d’eau qui se trouvait dans des bouteilles mises au réfrigérateur. Mais en vain, les flammes ayant déjà envahi une grande partie de la maison. En une fraction de seconde, tout était perdu. Sydney n’en croyait pas ses yeux ! Il était tellement abattu que ses proches et quelques voisins ont dû le forcer à quitter les lieux. “Mo pa ti pe kapav get tousala brile. Mo ti anvi esay ale sov detrwa zafer. Li pa fasil trouv tou ale enn sel kou kan ou fek amelior ou lakaz.”