« Rann nou nou rekter ». Elèves et Old Boys du Collège du Saint Esprit ont fait cause commune ce jeudi, 27 février, pour s’opposer à la décision du Service Diocésain de l’Education Catholique (SeDEC) de transférer le recteur de cet établissement secondaire, Lindsay Thomas.

Le rassemblement symbolique a vu se réunir plusieurs générations d’anciens élèves. « On n’est pas d’accord que (le recteur) parte », s’insurge Romain Julie, Old Boy qui vient tout juste de quitter le collège. « On ne comprend pas vraiment la situation. On est là pour poser des questions pour comprendre d’où vient cette décision et où on se dirige de là ».

« Nous sollicitons une rencontre dans les plus brefs délais avec le cardinal Piat », a déclaré Gaëtan Rosette, qui a démissionné du Board of Governors du collège « sur une question de principe » après l’annonce du transfert de Lindsay Thomas.

« Cabale systématique ».

« M. Thomas a été victime d’une cabale systématique pour le détruire », a-t-il souligné. « Nous savons que derrière les rideaux il y a eu des tractions ».

Les Old Boys réunis au sein de l’enceinte du collège ce matin ont été demandés d’évacuer les lieux par le manager du collège sur ordre du SeDEC. Ils ont suivi les directives dans le calme pour se regrouper devant le portail.

« Nous avons respecté les consignes. Nous sommes là et nous faisons une protestation pacifique dans les règles et principes du collège », a soutenu Gaëtan Rosette.

Quelques minutes plus tard, de nombreux élèves se sont massés de l’autre côté du portail. Tous ont entonné le « Cheers to You », et ce, sous les yeux du recteur.

Lindsay Thomas et le manager du collège ont, par la suite, demandé aux élèves de regagner leurs classes. Les cris de ralliement en soutien au recteur se sont, toutefois, poursuivis jusqu’en haut de la colline.

Incompréhension.

« Si pa ti ena Lindsay Thomas, mwa ek boukou bann lezot pa ti pou kapav fer nou bann letid », relate Jean Yves Chavrimootoo, un ancien élève. « Ma famille n’avait pas les moyens de m’envoyer au collège. J’en profite pour dire un grand merci à Lindsay ».

« Certes il y a eu probablement des gens qui n’ont pas été d’accord avec lui », renchérit Tony Ah Yu, un Old Boy. « Mais il faut mettre le pour et le contre dans la balance. A ce moment là, Lindsay mérite de terminer ses années au collège ».

Gaëtan Rosette relève que, comme recteur, Lindsay Thomas a dû faire face à « la prolifération de la drogue » synthétique dans les écoles. Tout en maintenant le niveau « sportif et académique du collège ».

« Si quelqu’un fait aussi bien que cela, nous ne comprenons pas pourquoi M. Thomas a été muté ailleurs ».

« Lobby et tractations ».

La décision du SeDEC de transférer Lindsay Thomas est critiquée pour bien des raisons. Notamment du fait que le principal concerné compte 40 ans de service au sein du collège. Mais aussi parce que le Board of Governors n’a pas été consulté en amont de cette mutation, rappelle Gaëtan Rosette.

Ce dernier insiste qu’il y a eu « des tractations » pendant des années « derrière les rideaux » dans le but de « détruire M. Thomas ».

Depuis les rumeurs du transfert du recteur, de nombreux élèves et anciens élèves témoignent leur soutien à Lindsay Thomas, surnommé « le dernier des Mohicans ».


SeDEC : les transferts « existent depuis quelques années déjà »

Dans un communiqué émis en fin de matinée, le SeDEC souligne que « ce principe de mobilité – qui veut que le recteur ou adjoint d’un collège puisse exercer les mêmes responsabilités dans un autre établissement – existe depuis quelques années déjà ».

Il est indiqué que « quatre recteurs d’établissements scolaires catholiques, dont M. Thomas, ont été approchés par les responsables du SeDEC en octobre 2019 pour une nouvelle affectation dans un autre établissement ».

« Cet exercice vise à insuffler un nouveau dynamisme régulièrement dans les communautés scolaires ».