Le tsunami qui a frappé soudainement samedi soir les rives du détroit de la Sonde qui sépare les îles de Sumatra et de Java fut déclenché après l’éruption du volcan connu comme « l’enfant » du légendaire Krakatoa, l’Anak Krakatoa.

La catastrophe a fait 281 morts, plus d’un millier de blessés et 57 disparus, selon un nouveau bilan qui devrait encore s’alourdir.

La vague a touché les côtes méridionales de Sumatra et l’extrémité occidentale de Java, rasant des centaines de bâtiments.

Le volcan Anak s’était formé aux alentours de 1928 dans la caldeira du célèbre Krakatoa, qui avait connu en 1883 un épisode catastrophique dans lequel 36.000 personnes avaient péri. Une immense colonne de fumée, de pierres et cendres s’était dressée dans le ciel à 20 km de hauteur, plongeant la région dans l’obscurité et déclenchant un puissant tsunami.

Les spécialistes estiment que l’épisode de samedi est dû à l’effondrement sous-marin d’une partie de l’Anak Krakatoa, et préviennent que ce phénomène peut se reproduire à présent que le volcan est déstabilisé.

« Le risque de tsunami dans le détroit de la Sonde restera élevé tant que le volcan sera dans sa phase d’activité actuelle parce qu’il est susceptible de déclencher d’autres glissements de terrain sous-marins« , prévient ainsi Richard Teeuw, de l’Université de Portsmouth.

« Il faut être conscient que maintenant le volcan est déstabilisé« , explique Jacques-Marie Bardintzeff, professeur à l’Université Paris-Sud.