Irfaan Jamaloodeen, un habitant de Terre-Rouge, âgé de 29 ans, dit avoir été brutalisé par des policiers du poste de police de la localité, de même que son vieux père et son frère, le dimanche 13 janvier.

Dans sa déposition enregistrée aux Lines Barracks, le plaignant relate que vers 21h30 hier, il poussait sa motocyclette en panne le long de la route royale de Terre-Rouge, à proximité du poste de police, quand deux jeeps de police se sont arrêtées à son niveau.

L’un des officiers qui conduisaient lui aurait reproché d’obstruer la route. Irfaan Jamaloodeen aurait tenté de leur faire comprendre que son deux-roues rencontrait des problèmes. Un des policiers lui aurait alors demandé pourquoi il ne portait pas son casque. Le jeune homme aurait répété que sa motocyclette était en panne.

A ce moment, indique Irfaan Jamaloodeen, un des policiers serait descendu de son véhicule et lui aurait infligé des coups de poing avant de le trainer jusqu’au poste de police.

« Desir so semiz »

La présumée victime aurait alors été tabassée par plusieurs policiers, qui l’ont ensuite menacée afin qu’elle ne porte pas plainte. A l’intérieur du poste de police, une policière aurait demandé à un sergent de « desir to semiz e dir ki sa garson-la finn tap twa e met enn case bwar kont li ». Les policiers auraient par la suite pris ses effets personnels avant d’essayer de lui retirer son téléphone.

Irfaan Jamaloodeen a, toutefois, pu contacter son épouse. Sa famille a immédiatement débarqué au poste de police. Les policiers s’en seraient alors pris à son frère et à son père, qui ont été blessés.

Toute la famille évoque que les policiers impliqués sentaient l’alcool. Elle n’a cependant pas pu connaître l’identité de ces officiers, soutenant que cette information leur a été refusée.

Irfaan Jamaloodeen s’est, lui, rendu aux Line Barracks pour enregistrer une déposition et a reçu une Form 58.

Cette affaire, apprend-on, devrait être référée à la Human Rights Commission.

Par ailleurs, sollicitée pour une réaction, la cellule de communication de la police affirme n’avoir pas encore eu vent de cette affaire. Entre-temps, une vidéo où l’on voit les membres de la famille d’Irfaan Jamaloodeen insistaient pour connaître qui sont ceux qui ont tabassé le jeune homme circule actuellement sur les réseaux sociaux.

 

Ci-dessous les blessures subies par Irfaan Jamaloodeen