Le militant et poète Vidya Golam est décédé hier des suites d’une longue maladie. Passionné de la langue kreol, il a milité pour sa reconnaissance et contribué à sa promotion à travers différents écrits. Connu pour ses poèmes à caractère très engagé, il a également publié quelques critiques de la société mauricienne. À l’exemple de Kanser, où il évoque le communalisme, mais aussi des portraits satiriques comme dans Lonorab Iago, où il évoque les soubresauts d’un personnage politique mauricien aimant la culture en faisant référence au personnage de Shakespeare dans Othello.
La langue de Shakespeare, justement, Vidya Golam la connaissait très intimement également puisqu’il a été un enseignant très réputé en la matière, notamment au Collège de Lorette de Quatre-Bornes où il a travaillé pendant de longues années. Parallèlement, il continuait son engagement pour la langue kreol, notamment auprès de Ledikasyon Pu Travayer (LPT) où il a été un « précieux collaborateur », indique Alain Ah Vee.
Ce dernier dit garder de lui le souvenir d’un passionné de langues et de théâtre. « Quand nous avions mis en place l’imprimerie LPT, Vidya Golam a été l’une des premières personnes à proposer leurs manuscrits et c’était justement Kanser. Au fil des années il a été un auteur assez régulier. Quand il n’écrivait pas il nous aidait pour notre concours littéraire où il a été jury. » Lui-même d’ailleurs avait déjà remporté le prix par le passé. Vidya Golam a également représenté LPT aux Seychelles pour la conférence dans le cadre du Festival Kreol.
Ce grand passionné de langues était également « bhojpuriphone », comme il aimait le dire. À ce titre, il a grandement contribué pour les écrits dans cette langue, même si lui écrivait surtout le kreol. « Vidya nous était d’une grande aide pour les publications en bhojpuri étant donné qu’il maîtrisait bien la langue. Son départ est une grande perte », ajoute Alain Ah Vee.
Les funérailles de Vidya Golam étaient prévues à 14 h aujourd’hui. A tous ceux que ce deuil afflige, Le Mauricien présente sa plus vive sympathie.