La revue de l’Atelier d’Écriture présente demain à 11 heures à l’Institut Français de Maurice à Rose-Hill son nouveau numéro double (Nos 27 et 28) daté de septembre et octobre. Consacrée comme les précédentes publications à une oeuvre unique, elle présente cette fois La poire dans le carafon, un roman d’enfance de l’auteur français Gauthier Steyer.
Le titre de ce premier roman fait allusion à une pratique très répandue dans les vergers européens pour confectionner des eaux de vie, jus de fruits ou apéritifs aromatisés. Après la floraison et dès que les fruits se forment sur une branche d’arbre, le paysan y accroche une bouteille ou un carafon suffisamment bombé pour contenir le fruit lorsqu’il aura achevé sa croissance et suffisamment léger pour ne pas casser la branche encore juvénile. De cette manière, une bouteille peut contenir un fruit bien plus gros que son goulot ne permet d’en faire passer, et le produit grandit en étant protégé de prédateurs tels que les oiseaux ou les gros insectes.
Pour ce roman, La poire dans le carafon situe l’univers du narrateur du livre, un garçon de 11 ans qui vit une enfance faite de jeux, de la découverte de la nature et des habitudes des paysans et des jardiniers. Un de ses principaux terrains de jeu est le jardin de son grand-père qui fabrique ce qu’il appelle des « poirteilles », les fameuses poires du carafon… Le grand-père donne une explication assez tentante à ces objets insolites : « Pour le plaisir de l’oeil et pour donner du goût, fiston. Tu verras comme c’est bon l’eau de vie. C’est de l’eau claire et sans microbe, plus pure que l’eau du puits. Ça désinfecte et ça guérit tout. Je vais te faire goûter un jour, j’te raconte pas. »
Le langage du petit narrateur est aussi émaillé d’expressions ou de raccourcis familiers comme « Ça fout les j’tons, j’te raconte pas ». Dans ses premières pages, le texte riche en descriptions, en situations et scènes de vie rocambolesques ou même burlesques, se déguste comme une bonne liqueur ou un sirop qui a le goût de l’enfance heureuse et insouciante, le goût des souvenirs bucoliques et joyeux. Mais l’enfant va grandir, il découvrira aussi la ville et le monde des adultes, avec un bonheur parfois très relatif.
L’auteur de ce texte de 250 pages est né comme son petit personnage dans l’est de la France, en 1971. Éducateur spécialisé, Gauthier Steyer consacre l’essentiel de son temps et de sa carrière aux personnes en difficulté. La peinture, les livres et l’écriture l’accompagnent et lui permettent de s’échapper de la misère humaine qui constitue son quotidien.
Installé à l’île soeur depuis 11 ans, Gauthier Steyer travaille à l’aide à l’enfance et enseigne son métier. Il a remporté en 2010 le prix Indiana du concours littéraire du Conseil général de La Réunion.