Les éditions Vizavi proposent depuis aujourd’hui Les Contes de Morne Plage, un livre à ne rater sous aucun prétexte. Ce petit ouvrage illustré par Henry Coombes renferme une série de contes que Malcolm de Chazal avait inventé pour les enfants qu’il aimait avant 1957. S’il les a d’abord créés oralement, il les a ensuite couchés sur le papier pour les transmettre. La donatrice des manuscrits Martine Hatswell les a elle-même entendus de la bouche de son auteur alors qu’elle n’était qu’une sage petite fille… L’ouvrage est disponible au Festival mauricien au Caudan Waterfront, avant d’apparaître prochainement en librairie.  
Quatre contes extraits de ceux de Morne Plage avaient été publiés dans une compilation parmi 400 textes chez l’Éther vague en 1994 sous le titre trompeur de Contes et poèmes de Morne Plage. C’est du moins ce qu’explique le président de la Fondation Malcolm de Chazal, Robert Furlong, en préambule à ces textes, mettant en doute l’authenticité de l’ouvrage et de ses sources. Cette nouvelle publication est cette fois inédite, complète et authentifiée par leur donatrice.
Les petits textes courts sont probablement ce qui se fait de mieux aujourd’hui pour instiller aux enfants une vision heureuse, respectueuse et enchantée de la nature de l’île Maurice. Parfois, le poète se contente dans ces petites histoires pour “romancer” un peu les merveilles de la nature que le promeneur silencieux peut constater s’il prend le temps de se balader sur les rivages, au pied du Morne ou sur son faîte.
Malcolm de Chazal portait sur son pays, sa mer et ses montagnes, ce regard de biais qui permet de voir ce que la plupart ignorent, parfois en marchant dessus. Ce regard du poète réenchante par la magie des mots ce que la nature étale en offrande pour l’éternité. L’auteur a partagé la vie de la mère de Martine Hatswell de 1957 à 1964 et cette dernière a retrouvé les tapuscrits des Contes de Morne Plage dans ses papiers après le décès de sa mère.
Paradis perdu
Martine Hatswell se souvient aussi que Malcolm de Chazal leur racontait ces histoires en décembre 1957, improvisant « les yeux brillants de malice, des petits chefs d’oeuvre ». Robert Furlong rappelle en préface que c’est en voyant l’aisance et le bonheur de la petite Martine à peindre et dessiner que Malcolm de Chazal avait décidé de s’y mettre lui aussi !
Les Contes de Morne Plage sont nés pour chasser la tristesse que le poète voyait dans le regard des enfants. Ils sont fait des trésors de l’île que le poète a touché du doigt en y accomplissant de multiples périples, des terres de Chamarel aux cascades de Grande-Rivière-Nord-Ouest, de Case-Noyale à la baie de Tamarin.
Quelques mots de l’auteur, écrits en avant-propos, pour conclure : « Cette île est comme un grand joyau donné aux hommes. Ne vivent ici que les fées. Les hommes, en ce lieu, ne sont que les invités des Dieux. Cette île bénie est couverte de champs de canne à sucre, grands roseaux empanachés de vert pâle, sur la terre ocrée, soufrée, rougeoyante. Cette île est le paradis perdu. Tout autour nagent de grands poissons faisant scintiller les eaux de leurs ailerons d’or. Au clair de lune viennent sur la plage des sirènes et de grands oiseaux blancs volent autour des pics dentelés des montagnes, venant on ne sait d’où. »