Le poète et journaliste culturel Richard Sedley Assonne présente son nouveau recueil fraîchement sorti de sa propre maison d’édition, Éditions de la Tour, comme un « album concept ». À chacun de voir si cette ode à l’amour de photographies souvenir relève de Melody Nelson ou Sergent Pepper !
Nous reviendrons sur ces textes richement illustrés qui célèbrent une jeune femme russe, elle-même poète rencontrée en 2011 au festival international de poésie de Trois Rivières au Québec. Avec ces poèmes, qui semblent écrits d’un premier jet et sans retouche, la question se pose de savoir si l’auteur propose un geste artistique éphémère ou une oeuvre immuable.
Cet ouvrage oscille entre certaines fulgurances denses et tout à fait convaincantes, et des narrations, anecdotes et pensées amoureuses présentées sous la forme d’un monologue vaguement versifié, au style relâché et aux images faciles. Ainsi trouvera-t-on sur la même page de véritables pépites poétiques, suivies trois vers plus loin de mots dissonants et d’idées faciles qui semblent relever de ce que l’on pourrait appeler les « écrits parlés », de la veine de ce que l’on se raconte sur Internet. L’amour donne des ailes et de l’audace, le livre est agréable, le geste est à encourager pour plein de bonnes raisons mais l’auteur a livré des ouvrages moins inégaux et plus jouissifs d’un point de vue poétique.