Patrick Norton est un marin, qui a oeuvré en mer sur tout ce qui peut s’appeler bateau, du chalutier pour la pêche aux cargos de marchandise, en passant par les yachts et autres navires de plaisance qu’il a convoyés d’un port à l’autre. Le vent du large, le voyage et le sentiment de liberté qui y sont associés font l’attrait de cette vie de mouvements. Mais souvent, sur le bateau, les heures sont longues, et l’écriture est venue à cet homme comme un nouveau moyen d’évasion…
Enfant de Rose-Hill, Patrick Norton vit au village du Morne depuis quinze ans. Et ce livre édité par Tambalakok est le premier que ce nouvel auteur a voulu partager, un hommage poétique à la région du Morne, pour son histoire, pour ses habitants et les valeurs de liberté et de combativité, qui y sont attachées. L’inspiration lui venait lorsqu’il était de quart, particulièrement la nuit, de minuit à quatre heures du matin, sur les cargos ou les grands bâtiments de pêche sur lesquels il a travaillé.  
L’écriture le maintenait en éveil et a allumé cette flamme pour le souvenir et la magie des mots. Dans un texte introductif en prose, Patrick Norton rappelle les évolutions de ce territoire marron jusqu’à nos jours, avec la naissance des premières communautés, les créations puis déplacements et parfois disparition de villages aux noms si évocateurs d’Embrasure ou de Morne Brabant. Il décrit le mode de vie de leurs villageois, et partage enfin en nouvel arrivant ses espoirs et ses craintes quant aux développements que ces lieux pourraient connaître à l’avenir.
Suivent l’alternance des poèmes et des illustrations. Toutes ne sont pas de lui, mais notre homme dessine dans des styles variés et photographie aussi… Qu’ils s’intitulent Les draps du temps, Moi vagabond, Rakont-mwa montagn, Terre galère ou Dominer ar fler, ces poèmes tantôt en français, tantôt en créole, explorent une vaste gamme de thèmes et d’émotions. À la fin, on a ressenti la joie, l’ironie, l’espoir, les colères petites et grandes, et saisi les pensées d’un homme qui s’est livré aussi sincèrement que possible.