Jan Maingard nous offre le luxe d’une bande dessinée aux couleurs denses et au style inspiré sous le titre engageant de Tamarin Matin. L’homme d’affaires rend à travers ces dessins à bulle un hommage chaleureux au village qu’il habite, dans lequel il se dessine lui-même en train de faire le guide pour deux connaissances en séjour au pays.
L’intrigue de cette bande dessinée n’apporte pas de grande surprise à celui qui connaît déjà Tamarin, mais cet album écrit en créole est agréable à regarder, et surtout, il permet de se familiariser avec les atours de ce village où l’on pêche encore et où l’on surfe. Les salines traditionnelles en dalles de basalte, qui en constituent l’attraction la plus intrigante, occupent une très grande surface au coeur même du village, tout autant que dans le scénario de l’album.
Et lisant ces pages, où des adultes font les touristes un peu à la manière de camarades d’école partant en expédition, on se dit que ces miroirs placides dans lesquels les nuages peuvent se lorgner, pourraient aussi devenir, avec un peu de bonne volonté, un lieu où l’on s’instruit en se promenant, sur le procédé qui à Maurice permet d’extraire le sel de la mer.