Le petit village de Grand-Port a été choqué, lundi dernier, suite au meurtre de Nykos Antonino Babet, un handicapé de 35 ans. Jonathan Catherine, 21 ans, le troisième concubin de son ex-épouse Sherlaine Hellene, 34 ans, l’a poignardé à mort alors qu’il était chez lui en fauteuil roulant. Activement recherché par les limiers de la Central Investigation Division (CID) de Mahébourg, Catherine s’est constitué prisonnier le lendemain peu avant midi au poste de police de Bel Air Rivière Sèche.
Ce sont les hurlements de détresse de Nykos Antonino Babet qui ont ameuté le voisinage à la rue Margéot à Vieux Grand-Port. Marlène Babet, 55 ans, mère de la victime, s’était absentée un moment. Elle était en route pour récupérer Elisa, 8 ans, la fille de Nykos, à la sortie de l’école lorsqu’elle a entendu les cris de panique de ses voisines à l’effet que «dimoune pé touye to garson» qui l’a fait revenir sur ses pas. En rentrant dans sa maison, elle devait tomber des nues en voyant son fils maculé de sang portant des blessures sur le torse et immobile au sol. La fille aînée de Nykos, Elsa 13 ans rentra de l’école et fut témoin de la même scène macabre.
Toutes deux ont, par ailleurs, aperçu Sherlaine Hellene, l’ex-femme et la mère des deux filles âgées, se précipiter hors de la maison. Devant la panique générale, les voisins et proches ont en vain tenté de joindre le Service d’Aide Médicale d’Urgence (SAMU) et c’est à bord d’un véhicule de la police de Vieux Grand-Port que la victime a été transportée d’urgence à l’hôpital le plus proche. Marlène Babet devait toutefois peu de temps après apprendre la mort de son seul et unique enfant alors qu’elle était toujours au poste.
Rencontrée le lendemain du crime, Marlène Babet confie ne toujours pas accepter la disparition subite et tragique de son fils. Elle ne s’explique pas non plus comment l’ex-femme de son fils s’est retrouvée dans sa maison puisqu’elle avait déserté le toit conjugal peu de temps après l’accident ayant causé le handicap de Nykos. Cette dernière, explique-t-elle, avait quitté son fils pour se mettre en ménage avec un autre homme avec qui elle a eu un enfant aujourd’hui âgé de 3 ans. Elle devait, par la suite, quitter son concubin pour se mettre cette fois en concubinage avec le principal accusé, Jonathan Catherine.
Natif de Vieux Grand-Port, ce dernier est connu de tout le village pour ne pas être un enfant de choeur. Il s’est retrouvé depuis son jeune âge mêlé à des affaires peu recommandables et poursuivre sur cette même lancée. Il a écopé à plusieurs reprises de diverses peines pour des affaires de vol, kidnapping et séquestration. Ce qui lui a valu plusieurs séjours en prison. Il venait, il y à peine deux mois, de recouvrer la liberté.
Cette fois, Jonthan Catherine est accusé de meurtre. Selon les premiers renseignements glanés en milieu policier, il pourchassait Sherlain Hellene pour lui infliger une correction. Mais cette dernière trouva refuge dans la maison de son ex-époux. Devant la colère de Jonathan Catherine, Nykos Babet refusa catégoriquement  de lui dire où se trouvait Sherlaine. C’est alors, pris dans un tourbillon de colère, qu’il agressa de plusieurs coups de couteau Nykos avant de prendre la fuite. Des voisins l’ont vu courir en direction des montagnes, l’arme à la main.
Ce n’est que le lendemain, peu avant midi, que le meurtrier s’est constitué prisonnier. Dans une première version donnée à la police avant sa comparution en Cour de Grand-Port sous une charge provisoire d’assassinat, Jonathan Catherine aurait toutefois laissé entendre qu’il voulait blesser la victime de sorte à l’envoyer à l’hôpital. Le plan concocté par sa concubine consistait, selon lui, à jouir de la prime d’assurance que Nykos devait percevoir à la suite de son accident. C’est la même version servie «under recording» lors de sa déposition formelle à la police, dans les locaux de la Major Crime Investigation Team. Interpellée et interrogée mardi par la CID de Mahébourg, Sherlaine Hellene a été autorisée à rentrer chez elle.
Au domicile des Babet à la rue Margéot à Vieux Grand-Port, la mère de la victime, encore sous le choc, confie qu’elle n’arrive toujours pas à réaliser le drame qui venait de s’abattre sur sa famille. Elle était la seule à s’occuper de son fils depuis son accident du travail où il a perdu l’usage de ses deux jambes en tombant d’un échafaudage il y a quatre ans. «Mon fils ne cherchait d’embrouille avec personne. Depuis son accident, il restait à la maison et passait son temps sur son ordinateur», dit-elle. La victime a, selon le rapport d’autopsie, succombé après avoir eu le coeur perforé.