Développer une feuille de route relative au VIH et à la tuberculose en milieu carcéral : tel est l’objectif d’une réunion régionale sur la prévention et le traitement du VIH dans les prisons de l’Afrique subsaharienne qui se tiendra du 8 au 12 avril 2013 à Maurice. Le pays a été choisi pour accueillir la réunion en raison de ses réalisations et sa vaste expérience dans le domaine de réductions des méfaits par rapport au VIH/sida parmi les toxicomanes et en milieu carcéral.
La réunion regroupera une trentaine de représentants de divers pays, Angola, Éthiopie, Lesotho, Malawi, Tanzanie, Zanzibar et Zimbabwe, de même qu’une quinzaine de participants locaux du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie, du National Aids Secretariat (NAS) et du département des prisons. Organisée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC), le NAS et le département des prisons, elle se tiendra à l’hôtel La Pirogue à Flic-en-Flac. L’ouverture se fera en présence du ministre de la Santé Lormus Bundhoo, de Simon Springett, Resident Coordinator des Nations Unies, du Dr Fabienne Hariga, Global Adviser HIV in Prisons, du Dr Ehab Saleh, Regional Project Coordinator de l’UNODC, de Jane Wanjau, Programme Assistant basée à Nairobi, du Dr Reychand Abdool, Senior HIV/AIDS advisor de l’UNODC, de Jean Bruneau, Commissaire des Prisons et de la Doctoresse Amita Pathack, coordinatrice du National Aids Secretariat.
Les discussions seront axées, entre autres, sur le VIH/sida à Maurice, le VIH et la tuberculose dans les prisons en Afrique, la prévention et le traitement du VIH/sida parmi les toxicomanes et les mesures prises contre le VIH en milieu carcéral. Des présentations sur des études de cas des pays présents par rapport aux mesures prises pour combattre la maladie en milieu carcéral sont également à l’agenda.
Par ailleurs, des visites seront effectuées à la prison de Beau Bassin et aux centres de désintoxication du ministère de la Santé et de la Qualité de la Vie où les participants auront l’occasion de prendre connaissance des programmes de lutte contre le VIH, les mesures en matière de santé en prison et les programmes de traitement pour les toxicomanes. Ils se rendront ensuite au NAS et se familiariseront avec le programme d’échange de seringues.
« Dans de nombreux pays, le VIH/sida constitue une menace sérieuse pour les populations carcérales et représente d’importants défis pour la prison, les autorités de santé publique et les gouvernements nationaux. Au niveau mondial, le niveau d’infection au VIH parmi les populations carcérales a tendance à être plus élevé que dans la population en dehors des prisons. Cette situation est souvent accompagnée et exacerbée par des taux élevés d’autres maladies infectieuses comme l’hépatite et la tuberculose. Le fait que les prisons et les détenus fassent partie de la communauté signifie que la menace du VIH dans les prisons et la menace de santé en dehors des prisons sont liées étroitement. D’où la nécessité d’une action concertée pour contrer ce problème dans le milieu carcéral », fait-on comprendre dans les milieux autorisés.
Selon l’ONUSIDA, les taux d’infection au VIH sont élevés dans bon nombre d’établissements pénitentiaires. Les maladies telles que l’hépatite B, l’hépatite C et la tuberculose sont souvent bien plus répandues dans les prisons qu’à l’extérieur. En milieu carcéral, les facteurs généraux susceptibles de favoriser la propagation du VIH sont notamment le surpeuplement, le climat général de violence, de tension et de crainte, le manque d’information sur le VIH, l’injection de drogue avec des aiguilles et des seringues non stérilisées, les rapports sexuels non protégés entre hommes et le tatouage avec du matériel commun non stérilisé.