Nicolas Ritter (PILS) : « Une excellente nouvelle tant pour les patients que pour la recherche »

Pour la deuxième fois dans l’histoire de la médecine, un patient atteint du VIH est officiellement considéré comme guéri par ses médecins. La nouvelle a été dévoilée lors d’une conférence internationale organisée à Seattle, aux Etats-Unis, il y a quelques jours. Nicolas Ritter, directeur de Prévention, Information et Lutte contre le Sida (PILS), et premier Mauricien à avoir admis vivre avec le virus, se réjouit de « cette excellente nouvelle, tant pour les patients que pour la recherche ».

Il y a 12 ans, pour la toute première fois, un patient atteint du sida était considéré comme guéri par ses médecins. L’homme s’appelle Timothy Ray Brown. Il a aujourd’hui 53 ans et vit en Californie, aux Etats-Unis. Mais aucune équipe médicale n’avait réussi à reproduire ce processus de guérison pour d’autres malades. Cette fois, une autre personne, qui souhaite rester anonyme, mais présentée dans l’étude comme un patient de Londres, est donc guérie. Après 18 mois de rémission, cette personne n’a plus besoin de traitement antirétroviral.

Selon Nicolas Ritter, directeur de PILS, et surtout premier Mauricien à avoir admis publiquement vivre avec le sida, « c’est une excellente nouvelle, tant pour les patients eux-mêmes, bien entendu, que pour la recherche, que nous encourageons, encore et toujours ». Pour lui, « cela ouvre une nouvelle fois une fenêtre d’espoir ».

Comme il y a 12 ans, avec Timothy Ray, ce patient de Londres a bénéficié d’une greffe de moelle osseuse, laquelle a été réalisée avec des cellules immunitaires mutantes résistantes au VIH. Il s’agit d’une particularité génétique rare qu’on ne trouve que chez environ 1% de la population blanche, ce qui explique que cette opération est difficilement reproductible. Sil elle ne peut donc pas représenter une solution pour les 34 millions de personnes porteuses du VIH dans le monde, elle permet toutefois de mieux comprendre les mécanismes d’action du virus.

Prudent, justement, Nicolas Ritter retient que « tout le processus relève d’un traitement plutôt lourd et compliqué ». Il continue : « Une greffe de la moelle osseuse n’est pas une mince affaire et tous les candidats n’offrent pas nécessairement une prédisposition à accepter ce traitement. Il peut y avoir une foule de complications. » Notre interlocuteur explique encore : « Dans le cadre de ce protocole de greffe de moelle osseuse, il y a eu une vingtaine de patients qui se sont inscrits au traitement. Certains ont développé des complications et d’autres sont décédés. Cela ne marche pas à tous les coups et rares sont ceux qui parviennent donc, comme ce “patient de Londres”, à donner des signes de rémission, voire de guérison. Mais cela ouvre de nouvelles perspectives, définitivement ! » Ce qui amène notre interlocuteur à rappeler que « plus que jamais, la prévention, l’information, le dépistage et le traitement, qui marche et donne des résultats, sont fortement encouragés et conseillés ».

Les médecins londoniens ayant rédigé cette étude veulent rester aujourd’hui très prudents. Et pour cause : si le VIH a disparu de leur patient, ce dernier va évidemment devoir rester sous observation pendant encore de longs mois. Pour rappel, selon les services du ministère de la Santé, Maurice compte actuellement 8 200 porteurs du virus.