La dixième édition du Colloque VIH Océan Indien garde tout son sens. En réunissant les experts régionaux dans un même cadre, il permet à chacun de profiter des expériences et des expertises des autres pour avancer. Surtout que l’épidémie du VIH/SIDA prend un nouveau visage dans l’océan Indien où elle progresse à travers l’injection de drogues.
À Tana, où se tient le Colloque depuis lundi, les associatifs mauriciens se sont lancés dans un véritable plaidoyer pour encourager les autres pays de la région à prendre les mesures appropriées au plus tôt. Nathalie Rose, du Collectif Urgence Toxida (CUT), a lancé un vibrant appel aux Seychelles et à Madagascar pour qu’ils adoptent les mesures de réduction des risques sans tarder, au risque d’avoir à payer de lourdes conséquences.
Comme cela avait été le cas aux Seychelles l’année dernière, ce sujet sera grandement débattu dans la capitale malgache jusqu’à mercredi après-midi. Car si la progression du VIH/SIDA a été fulgurante à cause de la drogue aux Seychelles, les conservateurs du pays ont jusqu’ici pu opposer une farouche résistance à l’introduction de mesures de réduction des risques. Cette année encore, les experts régionaux et internationaux tenteront de trouver les arguments pour persuader les décideurs.
Par ailleurs, les experts internationaux ont une fois de plus encouragé la région à vulgariser le dépistage pour commencer le traitement au plus tôt auprès de ceux trouvés positifs, souligne Renaud Ng Man Sun du projet AIRIS/COI. Jusqu’ici, les traitements aux antirétroviraux sont donnés aux patients lorsque la maladie commence à évoluer. Selon les experts, il est préférable de dispenser les médicaments le plus tôt possible pour préserver la santé du patient, pour retarder l’évolution de la maladie ainsi que les complications associées, et pour réduire les risques de contamination. Cet appel avait été lancé à Maurice il y a deux ans lors du Colloque de Balaclava.
Autour du thème “Un nouvel élan dans la lutte contre le SIDA”, les différents partenaires discuteront et établiront des liens pour une meilleure collaboration entre les îles. Comme il est de coutume, la parole sera aussi donnée aux représentants des personnes vivant avec le VIH avant la clôture des travaux. L’année dernière, ces derniers avaient lancé un véritable cri d’alarme pour dénoncer les dysfonctionnements qui persistent dans la lutte contre le VIH, alors que la stigmatisation demeure forte.