Vijay Anand Bundhoo s’est offert un beau cadeau d’anniversaire samedi dernier lorsqu’il a mené à la victoire l’outsider Gondwana dans l’épreuve de clôture. En effet, l’ancien Golden Boy fêtait ses 45 ans la veille, soit le vendredi 20 octobre, et quoi de mieux que de marquer cet événement par une victoire. Coïncidence ou pas, c’est avec la casaque de son frère Deepak, un des propriétaires de Gondwana, qu’il s’est signalé pour donner à cette victoire une portée symbolique si ce n’est familiale.
« La casaque de Gondwana (ndlr : casaque beige, chevrons et brassards rouge et or), c’est moi qui l’ai conçue », lâche Vijay Anand Bundhoo en guise d’anecdote. « C’est une victoire qui me fait très plaisir. Je la dédie à mon épouse et mes deux enfants, dont ma fille qui étudie en Australie. Je sais qu’elle m’a regardé samedi à travers Internet », dit-il, visiblement très heureux de cette victoire.
Il indique qu’il accordait une chance d’outsider à Gondwana. « Il avait couru sans un fer la dernière fois, mais il n’avait pas été aussi mauvais que cela. Je pense que les 1500m étaient trop longs pour ses réelles aptitudes. Samedi, les 1365m lui convenaient mieux. Son départ a été parfait et il a couru très détendu sur la majeure partie du parcours. J’ai ensuite attendu le plus longtemps possible pour le lancer car je ne voulais pas attaquer en épaisseur. À mi-ligne droite, avec les autres chevaux qui n’allaient plus, je savais qu’il aurait son mot à dire », explique la cravache mauricienne.
Subiraj Gujadhur a, lui, trouvé que Gondwana avait affiché des progrès à l’heure des galops et n’a fait que confirmer en course. « Mais toujours est-il que cette victoire constitue une surprise pour nous. On lui accordait tout au plus un accessit. Comme quoi, en 0-25, il faut toujours expect the unexpected. Gondwana est un demi-frère de Black Tractor. Il a au moins gagné une course (rires). C’est un cheval sur lequel on comptait lorsqu’on avait fait son acquisition, mais ses performances nous ont beaucoup découragés », laisse entendre l’assistant-entraîneur à chaud.
« Retour d’ascenseur »
Avec Gondwana, Vijay Anand Bundhoo ne signait pour sa part que sa deuxième victoire de la saison, sa 116e au Champ de Mars. L’occasion pour lui de rappeler aux turfistes qu’il a toujours de beaux restes. « Les courses sont ainsi faites. Si vous avez de bonnes montes, c’est sûr que vous allez remporter des courses. C’est aussi simple que cela et ça s’applique à tout jockey. Je suis content d’avoir prouvé que je peux encore deliver the goods. »
Le jockey tient aussi à expliquer pourquoi il préfère jouer un rôle effacé plutôt que d’être sous le feu des projecteurs. « Cela a pour origine mon caractère. Je ne suis pas du genre à aller me battre pour quelque chose, encore moins pour les montes. Si je mérite quelque chose, je pense que je l’aurai. C’est ma philosophie de vie. Je n’irai jamais quémander des montes. En revanche, j’attends un retour d’ascenseur car je bosse dur et je me donne beaucoup de peine à l’entraînement. Les montes en courses seront alors une reconnaissance de ce travail-là. »
Par ailleurs, à 45 ans, Vijay Anand Bundhoo ne veut pas penser à son après-carrière. « Comme je l’ai dit dans vos colonnes après ma victoire sur Glorious Goodwood, je préfère me concentrer sur ma carrière de jockey. Tant que mon corps et ma santé me le permettront, je continuerai à exercer mon métier. La suite, on verra en temps et lieu. »