Démocratie participative, meilleure gestion des institutions, le leadership sont les pistes à explorer, selon Vikash Ramdonee, pour se donner les moyens de répondre aux enjeux de notre société et de construire une vision à long terme en valorisant nos ressources humaines. Vikash détient un « Masters in Business Administration ». Professeur de langues, intervenant dans l’audiovisuel, secrétaire de la GSSTU (Government Secondary School Teachers Union), il ouvre sa réflexion et l’étend à une pensée qui dépasse le clivage académique entre différentes disciplines.
Dans son parcours, l’option gestion est non seulement un choix personnel, mais se fonde sur une critique des mécanismes qui structurent notre société. Une bonne gestion est nécessaire pour que nos institutions soient dirigées de manière professionnelle. Tel est le point de départ d’une administration qui veille à la législation et à la recherche d’une éthique. Vikash Ramdonee déclare qu’il y a un manque de leadership et de vision dans différents domaines à Maurice. En tant que jeune, il est amené à dire que « n’importe qui est appelé aujourd’hui à occuper des fonctions sans une formation adéquate ou l’expérience requise ». La critique des institutions l’a amené à contester en Cour suprême le Poste de Deputy Secretary General de la World Hindi Secretariat. Il a demandé un « judicial review »de cette affaire. Vikash fonde son action sur un mélange de connaissances acquises et de gestion. Sur le plan pédagogique, il fait ressortir que toutes les autorités concernées sont d’accord pour dire qu’il faut donner des chances égales à toutes les langues en présence à Maurice. Mais dans la pratique, les choses sont différentes, déclare le secrétaire de la GSSTU. Il note qu’il y a un gros budget alloué à la promotion des langues, mais que les objectifs ne sont pas bien définis. « Certaines institutions qui sont chargées de promouvoir ces langues souffrent elles-mêmes d’un manque de gestion par des professionnels… » Il faut des connaissances adéquates et une formation sérieuse pour gérer les institutions de manière professionnelle, ajoute Vikash Ramdonee. Il dit avoir envoyé des documents à certaines institutions pour dire que la façon d’enseigner ces langues est déphasée dans les écoles primaires et secondaires. Rien n’a changé pour ce qui est de la méthodologie, dit-il. « Ena enn faiblesse kote pedagozi sirtou konsernan anglais ek bane langues orientales ». Il y a certes les bons aspects et le travail continu des institutions concernées, mais il arrive qu’il y ait un manque de vision et pas d’objectifs précis de la part de ceux qui sont chargés de la gestion des choses. « Promotion de soi ki pe prevaloir lor promotion bane langues… », ajoute-t-il. Et de conclure que les langues n’ont rien à avoir avec la religion. Les langues véhiculent des principes et des valeurs, mais aujourd’hui, on note une perte de valeurs à cause de la corruption et du manque de principes. Ce sont les propres mots de Vikash Ramdonee pour qui la critique paraît essentielle à la conception de l’éthique.