La grogne règne en ce moment dans le village du Morne. Enclavés entre la montagne Cabri et la mer, les habitants font face à un manque cruel d’espace habitable. Ils espèrent faire l’acquisition d’un terrain “inoccupé”, situé au pied de la montagne Cabri afin de pouvoir y construire de nouvelles habitations et continuer à pratiquer leurs activités agricoles. La pétition adressée au Premier ministre étant restée lettre morte, ils entendent alerter l’opinion publique pour faire connaître leur situation.
La notoriété du Morne, avec son spot de surf connu à travers le monde, a pris plus d’ampleur lorsque sa montagne a été inscrite au rang de patrimoine mondial. Mais cela n’a pas suffi à changer le quotidien des habitants, dont plusieurs vivent dans la grande pauvreté, à quelques centaines de mètres des hôtels de luxe. Ils attendent que les études faites pour connaître les besoins du village soient mises en pratique. Ils veulent comprendre pourquoi les développements infrastructurels n’arrivent pas jusqu’à eux. “Nou santi nou delese, nou onte”, disent les membres du Kolektif Vilaz Morne. Ils n’ont pas l’impression de faire partie de la République tellement ils se sentent exclus de tout développement.
Face à la promiscuité grandissante, à l’absence de développement, au chômage et au manque de loisirs, les habitants savent qu’ils ne sont à l’abri d’aucun fléau. Conflits, malaises et autres maux sociaux sont ainsi considérés comme étant responsables de certains cas de divorce. D’où leur mobilisation avant qu’il ne soit trop tard et que le village du Morne ne soit dépossédé de sa population. Car de nombreux jeunes préfèrent s’en aller que de vivre dans des conditions précaires.