Le projet de faire de Mahébourg un village touristique, annoncé dans le budget 2018-2019, continue de faire des vagues après la rencontre organisée lundi dernier, à laquelle étaient présents, entre autres, Anil Gayan, le ministre du Tourisme, Mahen Seeruttun, le ministre de l’Agro-industrie, et l’architecte Gaëtan Siew, dans l’amphithéâtre de Pointe-Canon. Selon Gaëtan Siew, ce projet répondra aux besoins des habitants tout en « préservant le patrimoine et l’environnement naturel grâce à un partenariat public-privé ».

Le ministre Gayan a laissé entendre qu’il n’y a aucun agenda politique derrière ce projet. Marco Alphonse, président de l’Association Progrès pour le développement sud (APDS), se dit en faveur de ce projet. « Les petites gens, les entrepreneurs, hommes ou femmes, les artisans et tous les autres secteurs concernés trouveront leur place. Le village de Mahébourg, qui se trouve à quelques mètres de l’aéroport de Plaisance, ne peut plus rester pour longtemps encore à l’écart du développement. Ce village qui a une très belle histoire et un riche passé doit servir comme un lieu où les voyageurs peuvent transiter avant qu’ils ne quittent le pays ou avant qu’ils ne se dirigent vers leurs lieux d’accueil. Les touristes auront la possibilité de visiter en bateau les îles autour du Caudan, ce qui sera une source de revenus pour les plaisanciers. Ce projet va certainement aider à créer des emplois. »

Le président de APDS, qui regroupe une cinquantaine des membres, suggère au ministre Gayan de mettre en place un sous-comité dont le siège se trouvera à Mahébourg pour écouter les suggestions de tous les habitants de la région. « Bizin donn laposibilte bann abitan exprim zot. »

Marco Alphonse n’y va pas de main morte avec ceux qui, dit-il, ne connaissent pas la réalité de Mahébourg et qui systématiquement s’opposent aux projets de développement dans le village. « Je respecte leurs points de vue. Me pa kapav sakfwa ki ena proze, zot met baton dan larou ». D’où la raison pour laquelle, selon lui, le village de Mahébourg « a beaucoup reculé » sur les plans du développement et sportif. « Si dan le pase pisinn finn al konstrir dan Mare-d’Abert olie dan Mahébourg, sea koz bann perpetiel kontestater. Que constatons-nous aujourd’hui ? Des jeunes s’enfoncent dans la drogue et l’alcool. Notre association a décidé d’accorder son soutien total à ce projet de Mahébourg village touristique », insiste-t-il.

Laval Russean, secrétaire de la National Pleasure Craft Cooperative Society Ltd, partage l’avis de Marco Alphonse. « C‘est un projet qui va aider à faire rayonner Mahébourg, que ce soit sur les plans local et international avec les différents sites historiques. C’est une très bonne initiative du gouvernement. Nos élus ont ouvert une porte ; nous ne pouvons pas la fermer. Nous devons saisir cette opportunité qui nous est offerte pour valoriser nos sites touristiques tel que les îles. »

Johan Bissessur, membre de Mahébourg Otentik qui regroupe plusieurs habitants de la région, n’est pas opposé à ce projet. ll a assisté à la réunion. « Cela a pris la tournure d’une réunion entre les agents d’un parti politique où chacun voulait montrer sa fidélité à ce dernier. Nous souhaitons qu’il y ait de vraies consultations où chaque citoyen pourra faire des suggestions », dit-il.

Un habitant de Mahébourg, qui suit l’évolution de ce projet et qui a préféré garder l’anonymat, est d’avis que la présentation faite ce jour-là par l’architecte Gaëtan Siew paraît prometteuse. « Il a mis l’accent sur l’écologie et les espaces verts. » Il reste toutefois prudent : « Reste à savoir si projet sera réalisé. Parski li konpletman diferan de seki minis Anil Gayan ti fer konpran. Tan mie me eski la presyon politik pe pous zot fer vit », se demande-t-il.

Pour rappel, Mahébourg Otentik avait écrit une lettre au ministre Gayan pour lui dire qu’il est en faveur d’un projet tel que celui présenté dans le Tourism Development Plan for Mauritius de 2002. « Nous voulons mettre en valeur l’authenticité de Mahébourg », soulignent les membres de cette Ong.