Après deux semaines de campagne, les partis engagés dans les élections villageoises dans le Sud se préparent à affronter l’électorat. Meetings, porte-à-porte et réunions nocturnes ont rythmé cette dernière semaine dans le respect de l’adversaire. Même si tous se disent confiants d’une victoire, les candidats ont renforcé leur présence sur le terrain pour convaincre les électeurs de voter pour eux.
La campagne électorale dans le Sud avait démarré dans le calme et c’est dans la même ambiance qu’elle se termine. Même si au cours de cette dernière semaine les partis ont mis les bouchées doubles pour convaincre les électeurs, le respect de l’adversaire a primé. C’est ce que constate Fahrad Beeharry du Mouvement Socialiste de L’Escalier. « Nous sommes tous des habitants du village. Aujourd’hui il y a les élections, demain nous serons toujours des voisins. Je souhaite que le respect qui a prévalu pendant la campagne dure après les élections. »
Ce dernier, qui a été élu durant ces 27 dernières années aux villageoises, se dit confiant de remporter une belle victoire, une fois de plus. Toutefois, il est d’avis que la question de participation féminine a quelque peu bousculé les habitudes. « Personnellement, je pense que les femmes dans les villages n’étaient pas prêtes pour les présentes élections. La loi sur la participation féminine aurait dû être optionnelle cette fois-ci. »
À Mahébourg, Georges Ah-Yan et son groupe tiennent leur dernier meeting à la place du marché aujourd’hui. Même si la campagne a été de courte durée, Georges Ah-Yan est d’avis qu’il a pu faire passer le message de la Mahébourg Citizen Welfare Organisation (MCWO) auprès des villageois. « J’ai constaté que le vote communal qui a caractérisé les élections par le passé a évolué. Les gens ne vous regardent plus en fonction de votre communauté, mais regardent ce que vous pouvez faire pour eux. La MCWO a un riche bilan. Partout où nous allons, les gens nous disent : “Nou kone ki sann-la travay pou Mahébourg”. »
Confiant dans la victoire, la MCWO a même déjà désigné son représentant au conseil de district de Grand-Port en la personne de Jean-Pierre Joomun. « Nous sommes une équipe, nous avons un programme. C’est pour cela que nous avons mis l’accent sur la nécessité de voter pour l’équipe et non pour des individus. »
Les femmes brisent le tabou
Vidya Tengory fait partie des femmes qui ont accepté de briser les tabous en s’engageant dans ces élections. Candidate du Parti Progressiste de L’Escalier, elle affirme que cette participation a été positive. « J’ai voulu tenter l’expérience et cela n’a pas été difficile, d’autant que j’ai le soutien de ma famille. Au fil de la campagne je comprenais un peu mieux les enjeux. »
Dans le même village, Jayantee Nunkoo, qui elle s’est engagée avec le Parti de l’Avenir, se dit également heureuse de cette expérience. « Pour la première fois les femmes ont l’occasion de faire leurs preuves, il faut nous soutenir », dit-elle.
L’intérêt des villageois pour ces élections a grandi au fil de la campagne. L’affluence à certains meetings, comme celui du Front Citoyen de Souillac mené par Sylvie de Leusse, mardi dernier, en témoigne. Pour l’occasion, les routes étaient obstruées et la foule était estimée à environ 250 personnes.
De son côté, la MCWO attire autour de 150 à 200 personnes à chaque rassemblement. « Pour un petit meeting régional, c’est très bien », commente Georges Ah-Yan.
Pour sa deuxième participation à une élection villageoise, Lallah Ramphul du Parti Progressiste de L’Escalier est d’avis que cette fois-ci, la campagne a été mieux organisée. « Nous sommes un nouveau parti avec de nouvelles idées et nous avons reçu un bon accueil sur le terrain. »
Pendant deux semaines, il a passé toutes ses soirées à animer des réunions et faire du porte-à-porte. Toutefois, précise-t-il, « nous n’avons pas attendu les élections pour être présents sur le terrain. Nous étions déjà actifs dans le village. Sauf que les villageois sont maintenant conscients qu’il faut un changement pour progresser. »
Comme ils n’ont pas de grosses machineries derrière eux, chaque candidat dans ces villageoises a dû investir personnellement pour financer les différents supports de la campagne. « Il faut bien investir pour gagner », commentent-ils tous, sans révéler la somme engagée.
Même si le respect de l’adversaire a prévalu jusqu’ici, cela n’a pas empêché quelques coups bas. À l’instar de cet homme qui se déplaçait de Trois-Boutiques pour aller convaincre les personnes d’une certaine communauté de L’Escalier qu’ils ne devaient pas aller voter dimanche, car le parti qui les représentait traditionnellement, selon lui, n’était pas engagé dans les présentes élections. Ou encore, ce tract distribué à New-Grove pour attaquer un candidat sur la base de la vie privée d’un de ses proches…