Journée d’élections assez ordinaire pour la très vaste région de l’Est. Si dans les très nombreux petits villages, l’ambiance était assez plate, en revanche, dans les agglomérations comme Centre-de-Flacq, une certaine animation ponctuait la journée autour des centres de votes ! Les candidats de différents bords sympathisaient sans trop d’effusions de sentiments. Certains revendiquaient ouvertement leur « appartenance » au gouvernement, tandis que d’autres, plus discrets, prônaient l’unité…
Nirmal Hurday, leader du Poste-de-Flacq Progressist Party, avec l’emblème « boule noir lor blan », ne mâche pas ses mots : « Moi, je suis du Parti travailliste. Nuvind Mangla, qui appartient au même groupe, est au MMM. Mais, ici, au sein du Parti progressiste, nous n’avons pas de divergence de vues. Au contraire ! » En effet, poursuit M. Hurday, « pour le village, nous mettons de côté nos différences et nous travaillons ensemble, pour le bien de tous les habitants ! »
Son de cloche identique du côté de Dhanraj Kissoon, de l’Unité flacquoise : « J’appartiens au Parti travailliste depuis longtemps. Mais quand il s’agit des élections du village, c’est l’affaire de la région… » Candidat pour la première fois, D. Kissoon rappelle que « ces élections visent surtout à nous permettre, dans nos villages, d’avoir des moyens de financement du gouvernement central pour mettre en oeuvre les projets. Il est important que le gouvernement sache qui gère ses finances dans les villages et nous sommes là pour veiller à ce qu’il n’y ait pas de gaspillages des fonds. »
À Centre-de-Flacq et à Trou-d’Eau-Douce, en début de matinée, quelques tiraillements entre agents viennent perturber le déroulement des choses. « Il y a certains candidats qui encouragent le vote communal, confie Noël Bonbon, du Mouvement progressiste de Flacq. Ils ciblent les personnes âgées et celles qui ne savent pas lire. On doit rester sur nos gardes. Ce n’est pas de la faute de ces personnes car elles ne savent pas que ces candidats et ces agents les manipulent. Elles croient bénéficier d’une aide pour se rendre aux urnes. Mais en fin de compte, elles auront voté pour une communauté au détriment d’un parti… » Et, ajoutent d’autres candidats, « Dans un parti, il y a même une certaine dissension car les membres demandent aux électeurs de ne pas voter pour l’un de leurs propres colistiers… Un problème de caste y serait à l’origine ! »