C’est sous une forte chaleur que les électeurs du Nord ont été appelés aux urnes, hier, mais la moitié d’entre eux n’ont pas répondu à cet appel, à l’exemple de Triolet où seulement 41,24 % des électeurs ont accompli leur devoir civique. Ces élections se sont déroulées dans le calme, hormis un incident à Petit-Raffray où le Returning Officer a eu fort à faire, en début d’après-midi, pour faire sortir le public de l’enceinte du centre de vote.
Dans les grands villages tels Rivière-du-Rempart, Triolet et Goodlands, et même à Poudre-d’Or, cette joute a opposé, de loin, quoi qu’en disent les états-majors des partis politiques nationaux, le Parti travailliste (Ptr) et le Mouvement socialiste militant (MSM).
Sabrina Devi Boodhun, du Groupement Civique de Rivière-du-Rempart, donne le ton. Son groupe, dit-elle, marche avec le gouvernement du jour, c’est-à-dire l’Alliance Ptr/PMSD. Pourquoi ? À cette question, elle répond : « Qui nous a donné le droit de vote ? L’éducation, la santé et le transport gratuit ? Dan lezot pei pansyon pa gagne sa, isi gagne, ena linite tousala, se SSR et Navin », répond-elle avec fierté. Elle ajoute : « Isi baz travayis, pa kapav perdi dan Rivière-du-Rempart. » Mais ses adversaires ne sont pas de cet avis…
À Goodlands, Oodaye Bahadoor le dit ouvertement : « Nous avons le soutien indirect du gouvernement. Nos deux ministres travaillent énormément pour l’avancement du village. Je peux vous citer de nombreux projets en notre faveur. » Mais son adversaire, Chetanand Ramgoolam, pense plutôt qu’on achète des votes dans cet endroit. Il allègue que des billets ont changé de mains et que certains membres de son groupe ont rapporté des cas à la police mais « il nous manque des preuves. » « Tout cela nous décourage », dit-il.
Cet aspect politique en milieu rural se confirmera à Triolet où huit groupes se sont opposés hier, dont sept seraient soutenus, selon leurs leaders et à en croire certains habitants également, par le Ptr. C’était nettement visible par le nombre de femmes portant des saris rouges qui opéraient comme agents. « À un certain moment, j’ai cru que je venais voter pour des élections générales et que le Ptr y participait », a lâché un habitant, à sa sortie de l’école Maheswarnath. Ici et comme à proximité d’autres bureaux de vote, les agents mobilisaient, à la manière du Ptr, les électeurs. Le Mauricien a pu constater plusieurs tentatives d’abus dont la facilité avec laquelle certains agents essayaient d’influencer le vote des électeurs dans l’enceinte même du bureau de vote, jusque dans les escaliers menant aux salles à l’étage et même devant la salle de vote, en murmurant dans l’oreille du votant ou même à haute voix.