Si les candidats étaient en émoi, ceux qui iront voter le dimanche 2 décembre n’affichaient aucun intérêt particulier pour le Nomination Day samedi dans la région Est. Malgré tout, les membres des différents partis en lice ne baissent pas les bras et comptent bien « en finir avec les ingérences politiques des grands partis ». « Il est temps de prendre en main nos villages. Nous avons accordé pendant trop longtemps notre confiance à des gens qui n’ont rien fait pour nous », lancent-ils.
« Ces 28 dernières années, il n’y a eu aucun progrès fait par les conseils de village », estime Vikash Jeebun, membre du Mouvement social de Poste-de-Flacq. « Mes amis et moi sommes nés ici et nous constatons que ceux qui sont au conseil du village ne font pas grand-chose pour l’endroit. Le président du village actuel adore s’adjuger tout développement généré par le gouvernement central… Or nous savons qu’il n’y est pour rien ! » soutient-il. Comme ce jeune trentenaire, ceux qui se sont portés candidats aux prochaines villageoises dans la région Est souhaitent « un changement radical ».
À Montagne-Blanche, France Canniah du Mouvement progressiste de l’endroit explique que « plutôt que d’avoir d’un côté un groupe avec ceux qui sont du Ptr et de l’autre, ceux du MMM, par exemple, nous avons préféré unir toutes ces forces au sein d’un même mouvement. Ce qui fait que nous comptons des candidats ayant des affinités diverses ». Et d’ajouter : « Notre but est de mettre en commun nos compétences et nos idées pour en faire profiter notre village. »
Jean Armand Catherine, membre du Réveil des jeunes de Trou-d’Eau-Douce et chauffeur de taxi, abonde dans le même sens. « Ici il n’y a pas de poubelles ! De plus, il y a un manque de garderies alors que pratiquement tous les couples travaillent. Il y a tant d’améliorations à apporter dans le village… »
D’ailleurs qu’en est-il de l’innovation de la présente campagne des villageoises qui est une plus grande participation féminine réclamée ? Si la plupart des mouvements en lice pour le 2 décembre présentent trois femmes et six hommes pour les neufs candidats requis, certains, à l’instar du Mouvement progressiste de Centre-de-Flacq, ont aligné six femmes et trois hommes. Tharuna Jeetah, présentée comme « la leader » par le candidat Noël Bonbon, ex-président du village et membre du conseil de district, explique : « Les femmes sont plus responsables et meilleures gestionnaires que certains hommes. Ces élections devraient nous aider à mieux valoriser les femmes et à leur rendre la place qu’elles méritent au sein de la société. »
Sumita Ramtuhul et Estella Marouvane du Mouvement progressiste de Montagne-Blanche vont plus loin : « Nou ki ress isi, nou nou koner ki nou lendrwa plis bizin ! » À la candidate du Mouvement social de Poste-de-Flacq Sunitee Bistonauth de renchérir : « C’est certainement un défi que de concilier toutes ces responsabilités mais nous voulons le faire car c’est un moyen d’améliorer la vie ici et d’encourager les autres à suivre notre exemple. » « Plus de femmes doivent s’engager dans la politique active dans leurs villes et villages », ajoute cette mère de famille qui travaille comme aide serveuse dans un hôtel du littoral Est.