Mère de trois enfants, Vindoomutee Tohooloo, 40 ans, se bat depuis 12 ans afin de maintenir son fils Govind Avatar Karan Tohooloo en vie. Depuis sa naissance, ce dernier a subi plusieurs interventions chirurgicales à cause de malformations au coeur, aux reins, au système d’excrétion et de la vessie. Rencontre avec une mère prête à tout pour son fils.
Vindoomutee Tohooloo n’a fait que la cinquième et pourtant, elle maîtrise parfaitement le français et l’anglais. « Je parle très bien le français car je travaillais pour une usine de textile autrefois. Mon patron n’aimait pas qu’on parle le kreol car il était Français. Il avait peur qu’on parle de lui derrière son dos en kreol », confie notre interlocutrice. Et ce n’est pas tout, Mme Tohooloo a aussi appris le jargon médical depuis le problème de santé de son fils. D’ailleurs, elle a même un carnet dans lequel elle note chaque intervention chirurgicale de Karan. Elle ne manque notamment pas de nous expliquer certains termes et nous montre les illustrations de son carnet.
Faisant le récit de ces douze dernières années, Mme Tohooloo fait part de la souffrance psychologique et physique endurée par son fils Karan. À cause d’une défaillance au niveau de la vessie et de son système d’excrétion, il se voit contraint de porter des couches. Un détail qui fait de lui l’objet de moquerie de ses camarades de classe, qui ne comprennent pas pourquoi un enfant de son âge doit toujours porter des couches.
Cependant, Karan a participé l’année dernière aux épreuves du Certificate of Primary Education (CPE). Bien qu’il n’ait pas réussi, son professeur a tenu à le féliciter. « Il n’a malheureusement pas réussi ses examens mais on ne peut pas le blâmer car pendant deux ans, il n’a presque pas pu se rendre à l’école en raison de sa maladie. Son professeur l’a félicité car pour lui c’est un bon résultat contrairement à ses camarades de classe qui n’ont pas de problème de santé », soutient Vindoomutee Tohooloo. Depuis le début de l’année dernière, les problèmes de santé de Karan ont resurgi et sa mère a besoin de Rs 1,2 million pour une neuvième opération en Inde. « Après avoir subi une intervention de la vessie en septembre dernier, il doit avoir recours à une intervention chirurgicale rénale le plus vite possible ».
« Un enfant avec de tels problèmes peut naître dans n’importe quelle maison », poursuit notre interlocutrice. N’étant plus éligible au Fonds de solidarité nationale ni à la pension nationale, Mme Tohooloo se voit contrainte de faire appel à la solidarité mauricienne. « O lieu mo rest lakaz avek mo garson, mo bizin al lor chemin avec enn boite pou mo gagn casse. Aurais-je dû être extrêmement pauvre afin que mon fils puisse recevoir des soins ? Dois-je être extrêmement malheureuse ? Pourquoi mon enfant ne peut pas jouer comme les autres ? » lance-t-elle.
Pour ceux qui veulent aider à améliorer la vie du petit Karan, des numéros de compte sont mis à la disposition du public : Mauritius Commercial Bank : 000441293409 ; State Bank of Mauritius : 01510100208834 ; et Mauritius Post and Cooperative Bank Ltd : 0200013641300001. On peut aussi contacter Vindoomutee Tohooloo au 7548033.