La Vintage & Classic Car Owners Association organise le 26 octobre son rallye annuel. Les collectionneurs mauriciens attendent ce moment avec impatience et s’attellent à rendre leurs voitures impeccables pour le grand jour. Scope a rencontré trois collectionneurs qui nous partagent leur passion collective.
Nos interlocuteurs ont tous un certain nombre de voitures de collection dans leurs garages respectifs. Dravind Conhoyea en a cinq, Cyril Perrier en a 18 alors que Viju Gowreesunkur en a 20. Pour ces collectionneurs, les voitures de collection correspondent à un mode de vie. Même s’ils n’ont pas souvent l’occasion de toutes les conduire, le plaisir de les posséder est un motif suffisant pour les accumuler, peu importe ce que cela coûte à l’achat et en entretien.
Enfance.
Pour beaucoup, cette passion émane de la tendre enfance. “On avait tout le temps des vieilles voitures à la maison, que ce soit des Rover, Fiat 600 ou des Peugeot. Cette habitude est restée et s’est transformée en grande passion pour moi. J’ai eu la chance de renouer avec l’enfance et l’histoire à travers les voitures”, raconte Viju Gowreesunkur. “Depuis très jeune je m’intéressais aux voitures de collection. Dans la famille, on a toujours eu des camions et des vieilles voitures. J’avais 24 ans quand j’ai acheté ma première voiture de collection”, ajoute Dravind Conhoyea.
Feeling.
Chaque collectionneur recherche quelque chose de particulier dans une voiture de collection. Ça peut être un bon souvenir ou un état d’esprit en étant au volant. “En achetant ma première voiture en 1973, je voulais en trouver une avec un look rétro, c’est un look qui me plaît particulièrement. C’est ainsi que je suis tombé sur ma Triumph TR3. Elle avait le potentiel d’être une voiture de collection depuis l’époque”, indique Cyril Perrier. “Chaque voiture a ses spécificités. Vous apprécierez la conduite de chacune d’elle de différente manière”, ajoute Dravind Conhoyea. Selon Cyril Perrier, conduire ces voitures de collection ne procure pas un niveau de confort semblable à celui qu’on retrouve dans les voitures modernes. “Vous n’avez pas de freins assistés, elle est lourde et la conduite est un peu rough, vous n’aurez pas le même confort mais elle est sportive, elle est agréable.”
Préférences.
Les préférences de chacun de nos interlocuteurs diffèrent. Dravind Conhoyea a toujours trouvé les Jaguar attirantes. Parmi sa collection de cinq voitures, quatre sont de cette marque. “Depuis très jeune, je me suis intéressé à la Jaguar XJ6 2.8 de 1973. Quand j’étais au collège, j’en voyais une tous les jours, il me tardait d’être au volant d’un de ces bijoux. C’est une très belle voiture aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. J’ai enfin pu l’acheter en 1999, à l’époque je l’ai payée Rs 100 000.”  Quant à Cyril Perrier, il n’a d’yeux que pour sa Triumph TR3. “Je l’ai achetée en 1973, elle était déjà vieille puisqu’elle datait de 1960. C’est ma préférée, elle est dans un état impeccable”.
Vivante.
Pour ces collectionneurs, les voitures ne sont pas que des moyens de transport. Beaucoup les considèrent comme des membres de la famille. “Une voiture, ça a une vie. Elle a besoin d’être dorlotée et entretenue”, dit Viju Gowreesunkur. Nos interlocuteurs soutiennent que toutes ces voitures sont toujours en état de marche malgré leur âge avancé. “Mes voitures sont de grosses cylindrées dotées de moteurs qui étaient faits pour durer 100 ans”, avance Cyril Perrier. Parfois, il faut s’armer de patience avant de pouvoir mettre la main sur une voiture que l’on veut à tout prix acquérir. “Ça peut vous prendre entre 10 et 15 ans pour arriver à vos fins. Moi j’ai une Cadillac que j’ai eue après 30 ans d’attente. Qui plus est, un jour on m’a offert une Austin 16 datant de 1948 que j’avais voulu acheter alors que je n’avais que 14 ans. Je dois remercier Michel Roussette qui m’a généreusement offert ce petit bijou”, dit Viju Gowreesunkur.