Le concert a débuté à 20h. Précision saugrenue ? Pas complètement, puisqu’elle vient rappeler la grande méticulosité prêtée aux Revivals et aux organisateurs, qui ont été exacts au rendez-vous. Dire que le Vintage Music Revival 50s/60s a été à la hauteur des attentes sonnerait, certes, redondant et convenu, mais ceux qui étaient présents samedi soir au J&J Auditorium de Phoenix ont été chanceux de vivre trois heures d’un concert beau et intense à bien des niveaux.
Ambitieux.
Il fallait être à la fois sûr de soi et particulièrement ambitieux pour sonner la charge avec les notes mythiques d’Apache, morceau aussi complexe que technique qui avait jadis propulsé les Shadows. L’intro annonçait la couleur… Dans le choix de leur répertoire pour cette soirée, Les Revivals n’avaient pas pris l’option la plus simple pour faire revivre une période qui a été musicalement très riche en expériences musicales et en rythmes, alors que slow, rock’n’roll, séga et twist marquaient la tendance.
Dans la forme, et surtout au niveau du son et de la technique, tout le show s’est construit à l’ombre des Shadows, dont huit titres ont été joués durant le concert par les anciens Bleu Stars. C’est Hank Marvin lui-même qui est venu s’adresser aux artistes et aux membres du public par le biais d’une interview enregistrée, réalisée par Jacques Maunick et diffusée au début du concert.
Feeling.
Love is a Many-Splendored Thing, Ramblin’ Rose, You’re the Devil in Disguise, It’s now or never, Everybody’s Somebody’s Fool, Tequila, Walking Back to Happiness, Rock Around the Clock, Quando Quando Quando, Nwar, nwar, nwar, Que Sera Sera, From Me to You, Let’s Twist Again… Les grands classiques retenus des années 50 et 60 ont été célébrés avec un réel enthousiasme et une grande sincérité. Gaëtan Rivet, Christian Latour, Reynolds Moothoo, Berty Norbert, Audrey Hee Song, Clifford Allet et Jeff Momplé ne se sont pas contentés de rester fidèles aux partitions. Les Revivals sont parvenus à conférer aux morceaux de leur répertoire les émotions et le feeling musical qui font qu’une chanson comme Only you, par exemple, reste éternelle.
Juste ton.
N’est pas donné à qui le veut de reprendre le King, Nat King Cole, Cliff Richard, Chubby Checker, Doris Day, Pat Boone et autres légendes de cette époque. Stéphan Gébert, Benjamin Paul, Raoul Ng Kwet (Pecos), Patrick Aglar, Bernard Legrie, Gérard Caboche, Leslie Chaperon, Isabelle François, Anne Lise Prosper et Eric Montezuma ont trouvé le juste ton du concert à travers des interprétations d’un bon niveau, malgré quelques imperfections au niveau de la sono.
Pour d’aucuns, y compris Jacques Maunick, l’un des grands moments de ce concert a été la reprise de Ne me quitte pas (Brel) et de l’Hymne à l’amour (Piaf) par Audrey Oudin, une des plus jeunes de la troupe, qui aura su restituer l’intensité de ces classiques de la chanson française.
Cure de jouvence.
Back to happiness, chantait Helen Shapiro. Le voyage vers cette période s’est fait sans heurt ni bug. Beaucoup d’émotions dans l’air au J&J Auditorium samedi soir où la salle était remplie de fans venus s’offrir une cure de jouvence en replongeant dans la bonne humeur associée à cette époque et à sa musique. Ceux qui ont cru en ce projet, qui avait laissé les gros sponsors de marbre au départ, ont eu raison. Rappelons que deux semaines avant l’événement, tous les billets avaient été vendus.
Les organisateurs envisagent une nouvelle édition en mars prochain et des dispositions ont été prises pour la réalisation d’un DVD. Tout ceci n’est donc qu’un début, Jacques Maunick, Gaëtan Rivet et Christian Latour ont eu raison d’y croire. On ne pouvait trouver mieux que d’avoir en final le célèbre hit de Cliff Richard : Congratulations.