Condamnés à 24 ans de prison par la Cour d’assises le 10 décembre 2011 pour le viol d’une quadragénaire dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009, Govinda Narain Carpenen, alias Popo, et Géraldo Reine de Carthage, âgés de 22 et 17 ans respectivement au moment des faits, ont été blanchis par la Cour Suprême. Le Puisne Judge Eddy Balancy et les juges Rehana Mungly-Gulbul et Prithviraj Fekna siégeant en appel ont annulé leur condamnation, faisant ressortir dans leur jugement que la version de la victime était remplie de contradictions et que la déposition du deuxième accusé avait été prise par la police sans la présence d’un parent, vu son âge. Quatre jeunes de Quatre-Bornes étaient poursuivis aux Assises pour le viol collectif d’une quadragénaire dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009. Au banc des accusés : Govinda Narain Carpenen, alias Popo, peintre en bâtiment de 22 ans, Géraldo Reine de Carthage, palefrenier de 17 ans, Joyce Jason Vicky Sookloll, étudiant de 18 ans, et Jeff Guillano Arlandoo, maçon de 18 ans. Tous avaient tous plaidé non coupables. Govinda Narain Carpenen et Géraldo Reine de Carthage avaient été condamnés à 24 ans de servitude pénale alors que les deux autres avaient été acquittés. La juge Premila Balgobin avait soutenu que les accusés avaient tous admis être présents sur les lieux dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2009. Govinda Carpenen avait nié avoir violé la quadragénaire, mais avait toutefois avoué l’avoir forcée à avoir des rapports oraux. La Puisne Judge avait alors déclaré qu’elle n’avait pas pris en compte les accusations mutuelles des présumés violeurs et avait statué que la poursuite avait pu prouver « beyond reasonable doubt » que Govinda Narain Carpenen et Géraldo Reine de Carthage étaient coupables. Jason Sookloll et Jeff Arlandoo, eux, avaient été acquittés, la juge Premila Balgobin ayant estimé que beaucoup d’éléments instillaient le doute sur leur participation dans ce viol collectif allégué. Jason Sookloll avait déclaré qu’il tabassait le mari de la victime au moment du viol. Lors de son interrogatoire, la quadragénaire avait déclaré qu’un des agresseurs lui avait mis un couteau sous sa gorge pour l’empêcher de se débattre pendant qu’ils commettaient leur forfait. Ses agresseurs, qu’elle avait identifiés comme des amis de son fils Marcus, l’auraient retenue sur le lit pendant que d’autres tabassaient son mari dans une autre pièce. Elle aurait cependant pu s’échapper pour se réfugier sous un lit dans une autre pièce. Elle s’est ensuite rendue au poste de police de Quatre-Bornes. Govinda Carpanen et Geraldo Reine de Carhage avaient interjeté appel à la condamnation et remis en question leurs dépositions à la police. Govinda Carpanen avait soutenu qu‘il avait été victime de brutalité policière et que sa première déposition avait été consignée sous des menaces alors que Geraldo Reine de Carthage avait, lui, avancé que sa déposition avait été enregistrée en l’absence d’un parent alors qu’il était mineur à l’époque. Le Puisne Judge Eddy Balancy et les juges Rehana Mungly-Gulbul et Prithviraj Feckna ont noté des contradictions dans les témoignages de la victime lors de ses comparutions en cour. « We note firstly that the complainant’s version indeed contained serious discrepancies which indicated her confusion regarding the alleged rape. These discrepancies were in our view, material. Such discrepancies and confusion in the complainant’s evidence had led the Learned Judge to conclude that her evidence was unsafe and could not be acted upon with respect to the then accused Nos. 3 and 4. Given that all the accused had been involved in the same incident and the evidence against all of them rested essentially on the complainant’s evidence, we agree that this evidence which had been found unsafe quoad the two other accused, was equally unsafe quoad the appellant No. 2. The Learned Judge had also based herself on the admission made by the appellant in his statements, which statements we have ruled, cannot be acted upon inasmuch as appellant No. 2 was a juvenile at the relevant time and his statements had not been recorded in presence of his parent or guardian », a souligné le Full Bench de la Cour suprême. Le ministère public était représenté par Me Johan Moutou-Leckning (assistant DPP). La défense de Govinda Carpenen, Géraldo Reine de Carthage, Jason Vicky Sookloll et Jeff Guillano Arlandoo était, elle, assurée respectivement par Mes Robin Ramburn, Jean-Claude Bibi, Ibnay Codabaccus et Neil Pillay. À signaler que l’avoué Brinda Kaniah faisait partie de la défense de l’accusé Reine de Carthage.