Le procès en appel de Sayen Callimootoo pour le viol d’une touriste sud-africaine s’est ouvert hier devant les juges Nirmala Devat et Asraf Caunhye. Son avocat a expliqué que son client n’a jamais pu avouer un crime dans sa déposition car la police ne lui a pas demandé s’il avait violé la jeune femme.
L’exercice des voies de recours a commencé hier contre le jugement de la Cour intermédiaire condamnant sous l’article 249 du Code criminel Sayen Callimootoo à six ans de servitude pénale pour le viol d’une touriste sud-africaine sur une plage publique de La Cuvette en juillet 2003. 
Aux juges Nirmala Devat et Asraf Caunhye siégeant à la Criminal Court of Appeal, l’avocat de Sayen Callimootoo Me Akil Bissessur a souligné que le magistrat s’est trompé en concluant que la déposition du serveur habitant Triolet en date du 8 juillet 2003 est une confession en elle-même. L’homme de loi a affirmé que son client n’a pas été informé de la charge de viol qui pesait sur lui au moment du « statement » de la victime présumée et que Sayen Callimootoo n’a pas pu faire des aveux vu que la police n’avait pas fait état de l’accusation avant. Me Bissessur a fait comprendre que le mot « viol » n’a jamais été utilisé par son client dans ses dépositions, d’où la contestation de l’avocat que le serveur a fait des aveux.
Dans sa déposition, Sayen Callimootoo a reconnu avoir eu des relations sexuelles avec la touriste sud-africaine. « Madam-la ti per nou et li dir nou pa fer li di mal… Li finn aksepte pou gagn relation ek nou. » Le serveur a expliqué que la jeune femme criait quand son ami Navin Meena (représenté par Me Sanjay Bhuckory, Senior Counsel) et lui-même l’ont traînée jusqu’aux toilettes publiques. Ils ont utilisé des préservatifs et ont eu des relations sexuelles avec elle sur la plage publique de La Cuvette. 
L’accusé, qui avait au moment des faits 19 ans, a soutenu que c’est la touriste qui a elle-même ôté ses vêtements. Sayen Callimootoo a déclaré à la police qu’il a rassuré la jeune femme en lui disant qu’il ne lui ferait aucun mal. Après l’acte, les deux hommes l’ont raccompagnée devant la discothèque où ils s’étaient rencontrés. Me Bissessur a soutenu que si la femme n’était pas consentante, elle n’aurait pas enlevé ses vêtements. « Même lorsqu’il s’agit de violences physiques sur la victime, c’est le défaut de consentement de cette dernière plutôt que la violence en soi qui constitue le crime. Si la femme contre laquelle elle s’est exercée s’est ensuite volontairement abandonnée, le crime disparaît », a observé l’avocat de l’appelant. 
Me Bissessur a affirmé que son client aurait dû être acquitté au bénéfice du doute, la plaignante n’étant pas venue en cour comme témoin et sa déposition n’ayant pas pu être utilisée dans le procès. Il a soutenu que la défense n’a aussi pas pu interroger contradictoirement la victime présumée sur les faits allégués.