Le récent viol d’une ressortissante allemande doublé du vol de son portable et de son argent a été sanctionné par 12 mois d’emprisonnement. Que 12 mois est-on tenté d’ajouter rageusement face au privilège révoltant que confère la jeunesse, le coupable étant un mineur de 17 ans! Cette colère légitime ne devrait néanmoins pas obscurcir la raison qui, elle, désignerait un second responsable. Ou plutôt le premier: nos législateurs? En effet, de nombreux parlementaires estiment qu’à 16 ans, un jeune possède les aptitudes intellectuelles pour éventuellement voter aux élections villageoises et municipales. Mais, ils lui nient la maîtrise de ses pulsions sexuelles avec pour conséquence des lois – que le juge n’a d’autre choix que d’appliquer – qui choquent par leur clémence.
Peut-être devrions-nous nous inspirer de nos voisins de La Réunion, où, apprenons-nous, trois mineurs risquent DIX ans de réclusion criminelle SI l’excuse de minorité est retenue, mais VINGT ans dans le cas contraire. Impliquant qu’un mineur ne peut systématiquement s’abriter derrière sa minorité pour déjouer la rigueur de la justice.
L’indulgence de notre dispositif juridique constitue un terreau fertile pour l’indignation qui, elle-même, nourrit la colère. La révolte gronde alors et le danger que la vengeance se substitue à la justice guette. Rappelons-nous le viol collectif en 2012, à New Delhi, et le tollé soulevé par la condamnation d’un mineur (tiens, 17 ans lui aussi!) à seulement trois ans de réclusion dans une institution réformatrice. La presse indienne l’avait qualifiée ‘d’outrageante’ tandis que des internautes indiens, perspicaces, soutenaient: “Who is responsible to award him 3 years honeymoon? It’s politicians and not the judiciary.” D’autres, emportés par l’écoeurement, firent fi de cette démarcation ô combien importante, et portèrent une accusation catégorique: « India should hang her head in shame for this verdict; shame on our judiciary and the judges.  It is a mockery of our pathetic judicial system…The judiciary is forcing people to settle their own scores outside the courts now… this monster deserves to die, let him finish his 3 years, let him come out, then give him the justice he deserves: mob justice.”
Nous n’en sommes heureusement pas là. Mais sait-on jamais…