La juge Rita Teelock, dans un arrêt rendu en Cour suprême le mercredi 6 mai, a rejeté une demande d’ordre interlocutoire de treize Senior Flight Pursers (SFP), qui contestent des responsabilités additionnelles qui leur ont été imposées par la compagnie d’aviation nationale. Ces derniers souhaitaient notamment que la Cour suprême émette un ordre empêchant Air Mauritius de leur imposer les tâches exécutées par des stewards et des hôtesses de l’air lors des vols, ce qui serait une violation de leur contrat avec MK.

Les SFP, considérés hiérarchiquement supérieurs aux stewards et hôtesses de l’air, avaient saisi la Cour suprême pour contester les nouvelles attributions qu’Air Mauritius leur a imposées. Ces derniers avaient, dans un premier temps, réclamé un ordre intérimaire, qui a été rejeté. Ils sont alors revenus à la charge l’année dernière pour réclamer un ordre interlocutoire de la Cour suprême pour interdire à Air Mauritius d’inclure le service à bord des avions aux SFP mais aussi d’interdire à la compagnie d’aviation d’imposer aux SFP les tâches des stewards et des hôtesses de l’air. Pour les SFP, ces nouvelles attributions ne seraient pas en conformité avec leur contrat avec MK. Dans leur pétition, les 13 SFP ont avancé qu’ils ont atteint la plus haute position comme stewards et hôtesses de l’air. Ils contestent le fait d’avoir à servir des repas à bord des avions. Ils soutiennent que leur tâche principale est de superviser en plus d’autres responsabilités mais qu’avec la réduction du ‘cabin crews’ cela a affecté leur charge de travail.

Ces cadres devaient déjà faire part des difficultés financières de MK, qui a ainsi un impact considérable sur leurs rôles de SFP. Ces employés qui comptent de longues années de service à MK déploraient ainsi une modification unilatérale de leur contrat. La juge Rita Teelock, dans son jugement, devait prendre note que cet ‘Activity chart’ de MK était en place depuis 2014 alors que cette présente contestation a été initiée en 2019. De plus, le conseil légal de MK devait rappeler que les tâches additionnelles – que les SFP ont été appelés à effectuer – ne dérogent pas à leur contrat et est conforme à l’exigence du service. La juge, prenant en compte cette situation de conflit qui règne depuis des années mais aussi que seuls treize employés sur le nombre recruté par MK contestent ces nouvelles attributions, a jugé bon que le statu quo soit préservé, notamment pour une analyse approfondie du contrat des SFP. Trouvant aussi qu’une alternative à cette pétition légale peut être privilégiée, comme une compensation, la juge a alors décidé de rejeter leur demande pour un ordre interlocutoire.

Rappelons qu’Air Mauritius, qui se retrouve désormais dans une situation économique critique, avec notamment l’impact dévastateur de la crise sanitaire, est sous administration volontaire.