Dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, observée le 25 novembre, le gouvernement mauricien instituera en novembre une Plateforme nationale sur la violence basée sur le sexe. C’est ce qu’a annoncé hier la ministre de l’Égalité des genres, Mireille Martin, lors de la 50e Session du Comité sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes, à Genève.
« Je suis heureuse d’informer le comité que nos efforts pour faire face à la violence s’orientent désormais vers des politiques “gender sensitive”. Dans ce contexte, nous allons lors de la célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes en novembre mettre sur pied une Plateforme nationale sur la violence basée sur le sexe (Gender Based Violence — GBV), comprenant tous ceux concernés par ce problème », a annoncé la ministre de l’Egalité des genres de la tribune de la 50e Session du Comité sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’égard des femmes, à Genève. Mireille Martin y dirigeait une délégation d’une demi-douzaine de personnes et faisait état des avancées de Maurice à ce sujet dans le cadre de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (Convention on the Elimination of all Forms of Discrimination against Women — la CEDAW, voir encadré) dont Maurice est signataire.
Mireille Martin a aussi annoncé que Maurice lancera bientôt l’Africa Unite. Cette campagne est la composante régionale et africaine de la campagne globale du secrétaire général des Nations unies pour éradiquer toutes formes de violence contre les femmes et les jeunes filles.
La ministre a élaboré sur les progrès réalisés par Maurice dans les domaines social, légal, institutionnel, sanitaire, éducatif, entre autres, pour faire reculer la disparité entre les hommes et les femmes. Elle s’est félicité que, suivant l’adoption du National Gender Policy Framework en 2008, huit ministères ont à ce jour élaboré leur « gender policies » et quatre autres y travaillent actuellement.
Mireille Martin a aussi évoqué l’institution imminente de l’Equal Opportunities Commission, la révision de la National Women’s Council Act de 1985. Elle a aussi donné les détails des incitations gouvernementales pour les femmes entrepreneurs, à travers le Women Entrepreneur Council.
Tout en exprimant son inquiétude sur la féminisation de la pauvreté et du VIH/Sida à Maurice, la ministre a énuméré les mesures prises par le gouvernement pour faire face à ces situations. Elle a aussi évoqué les débats à Maurice autour de la légalisation de l’avortement dans des cas exceptionnels.
Si elle a concédé que les femmes ont encore du chemin à parcourir dans les instances de décisions publiques ou du secteur privé, Mireille Martin s’est félicité que la Mauricienne y prend graduellement sa place. « Je suis une ardente défenderesse de légalité des genres et je ferai tout pour que les vestiges de la discrimination à l’égard des femmes soient éliminés », a-t-elle conclu.