Le Muvman Liberasyon Fam (MLF) a écrit à la Présidente de la République Ameenah Gurib-Fakim concernant la violence chez les collégiennes. Le mouvement estime que la non-utilisation de la langue maternelle comme médium à l’école est l’une des raisons de l’agressivité chez les jeunes. MLF invite ainsi la Présidente à plaider en faveur de la langue maternelle.
Les récents cas de violences en milieu scolaire, notamment chez les filles, ont poussé le MLF à venir de l’avant avec des réflexions approfondies sur la question. Dans une lettre signée Shabeela Kalla, adressée à la Présidente de la République Ameena Gurib-Fakim, cette organisation expose ses observations. En premier lieu, le MLF rappelle qu’en 39 d’existence pour l’émancipation de la femme, la violence a été l’un de ses sujets de réflexion. Les récents cas chez les collégiennes ces dernières semaines les interpellent également. Le MLF dit avoir noté une agressivité grandissante – à la fois verbale et physique – chez les jeunes. Parmi les raisons identifiées : le manque d’espaces ouverts où les enfants peuvent jouer ou marcher en toute sécurité ainsi que l’absence de l’emploi de leur langue maternelle. « This combined coercion can clearly be a contributing factor to violent behaviour in our children. »
Outre le fait de ne pas favoriser le développement cognitif des enfants, l’absence de la langue maternelle ne permet pas à l’enfant de s’exprimer. De même, cela représente, selon le MLF, une « insulte à sa culture au profit d’une autre langue qui n’est pas la sienne ». D’où le comportement violent, y compris envers eux-mêmes.
Le MLF rappelle que la Convention des Nations Unies sur le génocide, article II (e), stipule : « Genocide is forcibly transferring children of a group to another group. » Le mouvement cite aussi le Prof Tove Skutnabb-Kangas, qui a affirmé, lors d’une conférence publique, que « if a child does not lean in his mother tongue and is forced to learn in a foreign language, this will do serious mental harm to the child ». Le MLF invite ainsi la Présidente de la République à promouvoir la cause de la langue maternelle tout en la félicitant de prendre la parole en kreol lors de ses fonctions officielles.