Roumaan Issemdar, jeune scoute et étudiante de l’Université de Maurice, a pris l’avion hier soir pour la Tanzanie où elle lira le jeudi 8 mars, après une ascension de trois jours à 5 895 mètres d’altitude en haut du Kilimandjaro, son engagement personnel et celui du gouvernement mauricien à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles. Elle sera parmi les 37 autres jeunes grimpeurs prenant part au « AfricaUnite – Kilimanjaro Climb ». Une initiative organisée dans le cadre de la campagne du Secrétaire des Nations unies, « Africa UNiTE Campaign », contre cette violence.
C’est hier soir que Roumaan Issemdar s’est envolé avec dans sa valise deux documents qu’elle lira le jeudi 8 mars à 5 895 mètres d’altitude sur la montagne Kilimandjaro, le plus haut sommet d’Afrique. D’abord le message du gouvernement mauricien déclinant son engagement à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles (voir encadré) et ensuite le rapport de Maurice sur cette violence « Coasted Nation Action Plan on Gender-Based Violence » du ministère de l’Égalité des genres.
« Je suis fière de représenter mon pays à ce projet “AfricaUNiTE — Kilimanjaro Climb” et de participer à une bonne cause, à plus d’un titre ! » s’enthousiasme la Commissaire nationale des louveteaux. « D’abord, en tant que femme, me trouver au sommet du Kilimandjaro le jour même de la célébration de la Journée internationale de la femme sera véritablement un exploit fort symbolique ! » se réjouit-elle. « Puis, en tant que jeune, j’ai là une chance que peu de personnes de mon âge au monde auront », ajoute-t-elle. « C’est aussi une aventure que très peu de scoutes au monde ont eu l’occasion de vivre ! »
Selon Roumaan Issemdar, l’ascension du Kilimandjaro a deux principaux objectifs : rehausser cette conscience de la nécessité d’éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles et pousser les gouvernements africains à s’engager à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles d’ici à 2015. « En somme cette opération de l’ascension du Kilimandjaro vise à pousser les gens et les gouvernements à prendre un engagement ferme dans trois domaines spécifiques : la prévention de la violence à l’égard des femmes et des filles, le soutien aux survivantes de cette violence et la promotion de la justice », élabore-t-elle.
37 grimpeurs venant de divers pays d’Afrique ont confirmé leur participation à cette ascension. Ils viennent de tous les secteurs : gouvernement, société civile, organisations communautaires, clubs de jeunesse, sportifs, personnel des Nations unies ainsi que des célébrités, des acteurs, des journalistes et des universitaires. « Environ 200 participants sont attendus en tout », précise Roumaan Issemdar.
Le départ sera donné le lundi 5 mars par des dignitaires du gouvernement de la Tanzanie, ceux de l’Union Africaine et des représentants des Nations unies.
Parallèlement à cette ascension se tiennent, à partir d’aujourd’hui et ce jusqu’au 3 mars, un « Youth Leadership Forum », un atelier par la Fédération des Journalistes Africains (les 6 et 7 mars), et des ateliers sur les organisations féminines, les cliniques et la conscientisation sur les violences basées sur les genres. « C’est dommage que je ne puisse assister au Forum des jeunes à cause de certaines complications administratives ! » regrette Roumaan Issemdar.
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Une pandémie mondiale
En 2008, le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) Ban Ki-moon a lancé sa campagne « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes », effort pluriannuel qui vise à prévenir et éliminer la violence contre les femmes et les filles dans toutes les parties du monde.
Cette campagne appelle les gouvernements, la société civile, les organisations de femmes, les jeunes, le secteur privé, les médias et l’ensemble du système des Nations unies à joindre leurs forces pour faire face à la pandémie mondiale de la violence à l’égard des femmes et des filles.
La campagne vise à inciter tous les pays à atteindre les cinq buts suivants d’ici à 2015 :
* Mise en place et application d’une législation nationale afin d’attaquer et punir toutes les formes de violence à l’égard des femmes et des filles
* Adoption et mise en oeuvre de plans d’action nationaux multisectoriels
* Renforcement des systèmes de collecte des données sur la prévalence de la violence à l’égard des femmes et des filles
* Lancement de campagnes de sensibilisation et mobilisation sociale
* Prise en compte de la violence sexuelle dans les situations de conflit
C’est en janvier 2010 cependant que le secrétaire général de l’Onu Ban Ki-moon et le président de l’Union africaine Jean Ping ont lancé Africa UNiTE à Addis-Abeba en Éthiopie au Sommet de chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Depuis lors, Africa UNiTE a tenu des réunions inaugurales au niveau national et sous-régional ainsi que des consultations à l’échelle régionale et sous-régionale avec notamment la participation des décideurs politiques et des principaux supports médiatiques nationaux. Africa UNiTE a pour but ultime de mobiliser les gouvernements et de les aider à honorer leurs engagements à éliminer la violence à l’égard des femmes et des filles.