De janvier à septembre 2013, 1 376 cas de violence domestique ont été rapportés officiellement, selon la Commission femme du MMM, qui tenait une conférence de presse à Port-Louis la semaine dernière. Ajouté à cela, fait ressortir Lysie Ribot, entre 5 000 et 6 000 enfants été victimes de maltraitance par leur propre entourage. La commission estime que la ministre de l’Égalité des genres, des Droits de l’enfant et du Bien-être de la famille Mireille Martin s’est totalement désengagée de ses responsabilités. Elle souhaite qu’en 2014, elle soit à la hauteur de sa tâche.
Les quatre membres de la commission, Lysie Ribot, Jenny Mootealloo, Françoise Labelle et Arianne Navarre-Marie, ont tour à tour fait des constats sur des situations jugées très graves que ce soit en termes de violence domestique, de maltraitance d’enfants ou de jeunes enfants auteurs de crimes ou de délits. Selon Mme Ribot, « un récent rapport de la SADC révèle qu’un quart des femmes mauriciennes ont déjà été victimes de violence domestique ». Elle estime que la femme mauricienne a peur d’être agressée, que ce soit chez elle ou dans la rue.
Concernant la violence faite aux enfants, elle souligne que pour entre 5 000 et 6 000 cas rapportés, ils été victimes de leur entourage que ce soit un père, un oncle, un grand-père, entre autres. Elle cite quatre cas survenus au courant de cette année : « Une fille de 9 ans violée par son frère, un enfant de 4 ans agressé par son voisin de 11 ans, une fille de 11 ans enlevée à la veille de Maha Shivratree alors qu’elle allait rejoindre ses parents au shivala, et un garçon de 12 ans victime d’une tentative d’enlèvement sur le parking du stade Anjalay pendant la fête nationale ».
A l’école, elle affirme qu’on évoque « une hausse de 42 % des cas de violence et d’indiscipline depuis 2010 » en citant quelques exemples de cas graves survenus au courant de cette année dont la dernière en date est celle de cette petite fille de 10 ans qui a tué un homme de 51 ans, ami de son père. Le rapport du National Economic and Social Council (NESC) fait état de 72,5 % de jeunes qui consomment de l’alcool dès l’âge de 14 ans, fait-elle ressortir. Au vu de tous ces problèmes dans la société, les intervenantes ont estimé primordial que la ministre de tutelle présente une stratégie nationale pour les prévenir et les gérer. Dans ce contexte, la commission propose l’introduction de l’âge minimum de la responsabilité pénale à 13 ans. Elle demande que le gouvernement élabore au plus vite une stratégie nationale et une loi appropriée pour répondre aux besoins de la société et des familles. Elle dénonce le retard accusé et propose une série d’amendement à la Child Protection Act qui devrait inclure la responsabilité civile des parents et le “duty of care”. Une proposition qui devrait aller de pair avec la mise en place d’une école des parents appropriée.