Les derniers cas de violences domestiques ayant entraîné la mort de pas moins de quatre femmes en moins de dix jours ont jeté la consternation dans la population, comme en témoigne la flambée de réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias. Pour sa part, la Commission des Femmes du MMM – qui n’a pu hier soir, à cause du mauvais temps, tenir son rassemblement prévu au Plaza en mémoire des récentes victimes décédées – lance un appel pressant aux Mauriciens, que ce soit en groupe ou à titre individuel, ainsi qu’aux organismes publics et privés, pour « donner un coup de main afin de faire régresser toute forme de violences à l’encontre des femmes ».

Les responsables de la Commission des Femmes du parti mauve disent constater « une tristesse mêlée à de la colère » parmi les Mauriciens devant la cascade de cas de violences domestiques. « Nous devons être solidaires envers les proches de ces femmes qui ont perdu la vie, et avec toutes celles qui sont victimes de violences et qui souffrent en silence. Il s’agit d’un problème social qui nous concerne tous. Li pa enn zafer politik e nou bizin saken aport enn ti kontribision kot nou ete pou pass enn mesaz kont laviolans. Si nous aimons notre pays, anou marye pike pour faire cultiver le respect dans les relations humaines ! » lance Jenny Adebiro, présidente de la commission.

Les dirigeantes de cette instance du MMM reconnaissent, disent-elles, les efforts et différentes mesures prises à plusieurs niveaux ces 30 dernières années pour prévenir le fléau des violences domestiques et pour protéger les victimes de ce type de violences. Elles saluent également les efforts « de tous qui œuvrent depuis plus de 30 ans » dans ce domaine. Les responsables de cette commission affirment avoir reçu « un bel encouragement de Mauriciens de tous les milieux » pour tenir ce rassemblement en mémoire des victimes. « Hélas, le temps en a décidé autrement. » Toutefois, à défaut de n’avoir pas pu allumer une bougie hier soir en hommage aux victimes, la Commission des Femmes du MMM invite les Mauriciens à « alim enn labouzi an solidarite ek tou bann fam ki viktim violans e a tou bann fam ki finn perdi lavi » ou à faire n’importe quel geste pouvant symboliser leur solidarité, qui témoignerait aussi de leur contribution au rejet de toute forme de violences. « Que ce soit à titre individuel ou d’une manière collective, nous pouvons prendre des initiatives pour faire régresser la violence. Aux autorités pour leur part de renforcer les lois existantes et de venir avec de nouvelles mesures pour qu’il n’y ait plus de décès à cause de violences domestiques », poursuit Jenny Adebiro.

La Mauritius Family Planning & Welfare Association (MFPWA) n’est pas indifférente elle aussi à ces derniers cas de décès de femmes découlant de ce fléau social. « Nous sommes tous bouleversés par les décès de ces quatre femmes. Cette situation a des conséquences sur la vie de la famille, et particulièrement pour les enfants des victimes. Nous condamnons tout acte de violence envers les personnes qui n’arrivent pas à se défendre.. Tout le monde doit donner un coup de main pour qu’il n’y ait plus de pareils cas », dit au Mauricien Vidya Charan, Executive Director de la MFPWA.

Selon cette dernière la MFPWA entreprend déjà un travail de formation et d’éducation à travers le pays auprès des jeunes et des couples. « On ne doit pas compter seulement sur les institutions publiques et privées pour résoudre le problème. Le cadre légal existe déjà. Un acte de violence est un acte personnel et il faut apprendre aux personnes à gérer leurs émotions. Il faut mettre l’accent sur le respect de l’autre, et à ce titre il y a des efforts à faire au niveau individuel. C’est pour cette raison qu’il faut investir dans la famille et dans les valeurs humaines » croit Vidya Charan.