« On peut passer des lois, mais le changement de mentalité prend du temps », a déclaré la vice-Première ministre et ministre de l’Égalité des genres lors d’un atelier organisé par la Government Services Employees Association (GSEA). Le thème était : “Violence and Harassment – Barrier to Sustainable Development”. Elle a souligné l’importance pour les victimes de dénoncer leurs bourreaux, faute de quoi les lois ne serviront à rien.

La ministre a d’abord félicité la GSEA pour son initiative. La violence domestique, a-t-elle dit, ne saurait être politisée. « Cela ne concerne pas seulement le gouvernement et l’opposition, mais toute la société. Nous voulons une société où il fait bon vivre. La violence est un sujet très sérieux. Quand j’ai répondu à la PNQ mardi, c’était dans un esprit où tout le monde pourrait travailler ensemble pour lutter contre le problème ». En tant qu’avoué, dit-elle, durant toute sa carrière, elle a traité de cas liés aux familles. « J’ai vu beaucoup de cas où il y a des divorces et où les enfants sont traumatisés. Quand un enfant voit la violence, il pense que c’est la norme et il voudra faire comme l’adulte. »

Fazila Daureeawoo a, d’autre part, souligné qu’il est difficile pour la victime de violence domestique de quitter le toit, surtout quand elle ne travaille pas. « Ce n’est pas une décision facile. C’est quelque chose qui se passe entre quatre murs et en dehors, personne ne sait ce qui se passe. Il faut le soutien familial, le soutien de la société et du gouvernement ». Selon elle, les lois peuvent exister mais encore faut-il que les victimes dénoncent. Dans ce contexte, le ministère compte lancer une campagne intensive afin de sensibiliser la population.

À l’assistance, composée de nombreuses femmes fonctionnaires, elle devait conseiller : « Quand vous élevez vos filles et garçons à la maison, ne faites pas de différence. Si le garçon n’aide pas aux tâches ménagères, il pensera être supérieur aux filles. Il y a des parents qui envoient leur fils étudier et pas leur fille. Il faut donner la même chance aux deux sexes. Une fille doit pouvoir se tenir sur ses pieds. Si son mari disparaît, elle va aller chercher un travail. »

La ministre a rappelé que la loi concernant la violence domestique a été amendée en 2016, élargissant ainsi la définition de la violence qui comprend aussi l’agression verbale, les insultes, le harcèlement. « Une première sanction comprend Rs 50 000 d’amende. Une deuxième sanction comprend une amende de Rs 100 000 plus deux ans de prison et la troisième, cinq ans de prison. Tout cela fait partie de la loi. Mais il faut que la victime dénonce. »

S’agissant du harcèlement au travail, la ministre a déclaré que « tout le monde a le droit de travailler avec dignité et la paix d’esprit ». Un responsable d’entreprise, dira-t-elle, a le devoir d’organiser une formation comme aujourd’hui pour le personnel. « Il n’est pas facile de détecter le harcèlement, l’humiliation et les insultes ». Selon Fazila Daureeawoo, il faut un système où les employeurs dénoncent en sécurité sans représailles. « Le responsable des employés doit créer une atmosphère de sécurité au travail », a-t-elle souligné.
Avec le Workers Act Bill de 2019, « aucune personne n’a le droit d’user de violence envers un employé ». La ministre a dit être prête à travailler de concert avec les syndicats pour la protection des employés.

Pour sa part, Radhakrishna Sadien, président de la GSEA, a observé que le thème de la violence et du harcèlement « est approprié » car le BIT a récemment adopté une convention sur le harcèlement au travail. « Le harcèlement est aussi bien présent dans la fonction publique. Même au ministère de l’Égalité des genres, il y a un peu d’ordre à mettre », a-t-il souligné.

Lors de cet atelier, il a été question de réflexions et de propositions des employés de la fonction publique sur le thème susmentionné, lesquelles seront soumises au gouvernement. Radhakrishna Sadien a demandé la mise en place d’une “special desk” dans chaque ministère pour traiter des problèmes liés au harcèlement. « Nous devons revoir le rôle des HR au sein des ministères. Ils parlent de lois mais pour eux, la loi ne s’applique pas », a-t-il ajouté.