Une réunion interactive sur la question du nombre grandissant d’agressions sexuelles contre les enfants et des violences dans les familles a eu lieu mardi au Lunch Room de l’Assemblée nationale entre la ministre Bappoo, le Conseil des religions et les représentants des associations socioculturelles. Les parties concernées ont décidé de l’élargissement du comité de coordination nationale sur ce problème.
Cette rencontre fait suite à une réunion entre la ministre du Bien-être de la Famille et le Conseil des religions il y a trois semaines au siège du ministère de tutelle pour débattre du nombre accru d’agressions sexuelles contre les enfants et la violence familiale. « La societe morisyenn ape vine de pli en pli complex. Nou ape tourne nou vers bann groupe socio-kiltirel couma boucou pays ape fer pou trouv enn solisyon komin pou bann problem sosiete.  Inn ler ki sa bann organisasyon socio-kiltirel-la deless impe zot ban aktivite tradisionel, ek donn le social priorite. Nou tou bizin bouze ansam ek provok en sanzma dan bann mantalite kont la betiz imainn », a lancé la ministre de l’Égalité des genres, du Développement de la famille et du Développement de l’Enfant, Sheila Bappoo, pour expliquer sa décision d’inclure désormais les organisations socioculturelles dans le comité de coordination nationale récemment mis sur pied pour combattre les agressions sexuelles et autres contre les enfants et les violences dans les familles. Elle intervenait devant une salle comble, composée des membres du Conseil de religions, des dirigeants des organisations socioculturelles, des représentants des corps religieux et des organisations non-gouvernementales (ONGs) engagées dans la protection de l’enfant et dans le combat contre les violences dans les familles.
La ministre Bappoo a soutenu qu’en élargissant cette plate-forme, tous les moyens sont ainsi mis en oeuvre pour d’une part, amener plus de gens à se concerter pour développer de nouvelles stratégies face à ces nouveaux défis, et d’autre part, pour créer de nouveaux réseaux pour consolider les programmes d’action à venir. Élargir le comité va en outre permettre une analyse plus critique et plus en profondeur du phénomène de la violence et élargir les réseaux pour une meilleure campagne de conscientisation de la société à ce problème, a-t-elle ajouté.
Dans son analyse de la situation, la ministre Bappoo s’est attardée sur le consensus qui s’est déjà fait sur la nature et la complexité du problème de la violence familiale et sur la nécessité et l’urgence de le régler au plus vite. « Pour une reconstruction positive de la cellule familiale pour plus de stabilité, d’entente, de compréhension et de bonheur et pour un élan national pour mieux protéger les enfants, il faut responsabiliser les parents », a-t-elle argué.
Au début de la réunion, la ministre a énuméré le nombre élevé de cas d’abus et d’agressions sexuelles contre les enfants, de violences au sein de la famille, le  nombre croissant de mariages brisés par l’échec conjugal ainsi que celui des enfants victimes de la séparation de leurs parents vivant en concubinage, du nombre de familles éclatées, et des disputes familiales. « Tous ces problèmes donnent une image très négative de la famille qui pourtant constitue le fondement même de notre société. Il nous faut donc reconstruire la famille pour construire une île Maurice Durable », a-t-elle affirmé.
Réagissant aux propos de la ministre, les représentants des organisations socioculturelles ont unanimement salué l’initiative qu’elle a prise. Tous sont d’accord pour passer à l’action. Pour le pandit Ved Gopee, vice-président du Conseil des religions, l’étape suivante serait l’élaboration d’une stratégie nouvelle. Le révérend Gérard de Fleuriot, du diocèse catholique, a maintenu « qu’il faut par exemple mettre en place des facilités d’hébergement pour les enfants dont les parents travaillent tard dans la nuit à cause de l’industrialisation ».
D’autres, à l’image du représentant de l’Institut Jean Margéot, Jonathan Ravat, ont trouvé important que le message que compte délivrer le comité soit « clair et vrai eu égard aux mauvaises nouvelles de l’actualité ». Le président du centre d’information sur l’islam, Hossen Kurrimboccus, s’est indigné de l’impact des images érotiques et violentes de la télévision sur les enfants. Le représentant de Chinmaya Mission a lui aussi parlé de la nécessité de promouvoir les valeurs familiales, tandis que le président de la Mauritius Sanathan Dharma Temples Federation, Somduth Dulthumun a, lui proposé « une approche citoyenne intégrée, loin des sociétés religieuses » dans ce combat. Il a souhaité que la plate-forme soit chapeautée par le ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille.
A la fin de la réunion, la ministre a dit attendre les propositions du comité.