Le ministère de l’Égalité des genres, du Développement de l’enfant et du Bien-être de la famille organise une marche pour la paix, mercredi prochain à midi. C’est ce qu’a annoncé la ministre de tutelle Mireille Martin ce matin à l’ouverture de la deuxième réunion de la plateforme nationale pour la lutte contre la violence domestique.
Mireille Martin, qui condamne sévèrement les récents actes de violence recensés dans le pays, précise à la presse que ce sera une marche pour la paix, donc une manifestation silencieuse. Elle démarrera au Champ-de-Mars pour s’arrêter devant le bâtiment Emmanuel Anquetil. « Nous demandons à toute la population de porter un ruban blanc autour du poignet, en signe de solidarité, ce jour-là, même à ceux qui ne pourrons pas nous rejoindre à Port-Louis pour la marche. Le ruban blanc rappellera à chacun que la paix commence à la maison et qu’il est possible d’éliminer la violence domestique si chacun d’entre nous, en tant que citoyen, prenons notre responsabilité car la violence, sous toutes ses formes est une violation des droits humains. »
Condamnant les récents meurtres commis au sein de couples, la ministre estime que l’élimination de la violence domestique ne pourra se faire sans un engagement ferme de tout un chacun. Dans cette optique, elle est d’avis qu’il y a urgence « to speed up our actions, develop new strategies and strengthen existing measures to eliminate GBV ».
Mireille Martin rappelle que la plateforme a été mise en place après la volonté exprimée par les pays membres de la Commission de l’océan Indien d’atteindre l’égalité entre les gens et favoriser l’autonomisation économique des femmes. Ils ont ainsi adopté une Political and Gender regional policy and strategy en avril 2009. La plateforme mauricienne pour mettre fin à la violence gender-based a été constituée en 2011. Cette deuxième réunion a pour but de faire le bilan du travail accompli par les différents partenaires gouvernementaux et non gouvernementaux après la réunion de 2013 et prendre en considération de nouvelles propositions. Elle indique que son ministère a dirigé des actions dans le cadre de cette lutte et cite la formation du personnel religieux ou encore le lancement d’une « Victim empowerment and abuser’s rehabilitation policy ».
Mireille Martin a fait appel aux membres de la plateforme pour exhorter leurs départements respectifs à exécuter toutes les actions formulées dans le « Costed national action plan to end gender-based violence ». Pour elle, il est de la responsabilité de tout un chacun de travailler pour l’élimination de la responsabilité, ce qui passe aussi par un changement de mentalité.
La ministre annonce que suite à une requête de SOS femmes, un protocole sera élaboré à l’intention des « service providers » pour un meilleur accueil des victimes de la violence domestique. Ce protocole devait être discuté au cours de la réunion du jour. Il sera diffusé à la fois en kreol et en anglais afin de le rendre accessible à un plus grand public, fait ressortir Mme Martin.
La ministre indique aux membres de la plateforme qu’ils seront mis au courant des retombées des discussions poussées entre le ministère et le SLO sur les amendements qui seront apportés à la Protection from domestic violence act. Mireille Martin estime que malgré tout ce qui se fait, beaucoup reste à faire. « I am informed that the platform has requested the Ministry to approach the police services with a view to ensuring enhanced assistance to victims of domestic violence ».