La violence dans les écoles primaires et secondaires préoccupe la Primary School Teachers Cooperative Credit Union (PSTCCU), dont le secrétaire, Suttyudeo Tengur, estime qu’elle est devenue un phénomène courant dans notre société. « La situation a dégénéré et elle risque d’atteindre le point de non-retour si les autorités n’agissent pas vite. Elle nécessite une gestion rigoureuse au niveau des institutions afin de pouvoir redonner à l’école le respect qu’elle mérite », dit-il.
Suttyudeo Tengur rappelle que la PSTCCU avait, en septembre 2007, soumis au ministère de l’Education un mémorandum complet d’une vingtaine de pages. « Malheureusement, il n’y a jamais eu de suite. Le ministère a préféré, fidèle à ses habitudes, faire la sourde oreille et laisser pourrir la situation concernant ce problème qui est devenu aujourd’hui un phénomène incontrôlable de la société ».
Pour lui, les causes de cette violence sont multiples et ont des origines diverses. D’abord, fait-il ressortir, dans la famille où il y a une absence de dialogue entre parents et des enfants, où les enfants sont même battus et aussi où il y a mésentente entre les parents en raison de problèmes sociaux dont l’alcool, la drogue ou la prostitution. « Une telle situation se reflète automatiquement sur les traits de caractère d’un enfant et surtout sur sa performance à l’école », poursuit-il. Il ajoute qu’il y a aussi les problèmes des enseignants qui pratiquent diverses formes de punition corporelle que subissent les enfants.
Le secrétaire de la PSTCCU déclare que les enfants sont aujourd’hui informés de leurs droits au niveau de la société et des écoles à travers le Bureau de l’Ombudsperson pour les Enfants. « Mais qui de leurs responsabilités vis-à-vis de la société et surtout de l’école ? Si les élèves ont des droits, où sont ceux des enseignants ? Avec des enfants qui se présentent souvent comme victimes et qui peuvent également témoigner contre leurs enseignants au tribunal, la profession d’enseignant est marginalisée », affirme-t-il.
Suttyudeo Tengur est d’avis que la balle est, désormais, dans le camp du ministère de l’Education qui devra prendre le taureau par les cornes « si on veut redonner à l’école son statut de centre de savoir et d’épanouissement intellectuel et physique ».