La magistrate Hamuth, siégeant en cour de Pamplemousses, a accordé le bénéfice du doute à un homme accusé d’avoir agressé sa femme à leur domicile le 18 juin 2012. La juge a estimé que le couple battait de l’aile et que l’épouse aurait pu avoir logé une plainte à cet effet.
Dans cette affaire, qui traite de violences conjugales, la victime alléguée accuse son mari de l’avoir agressée à leur domicile en la tirant par les cheveux et en faisant mine de l’étrangler. Le mari avait plaidé non coupable. Le certificat médical de la victime alléguée démontre que l’épouse portait des blessures légères à la tempe. Selon sa version,  elle se trouvait dans sa chambre à coucher lorsque son mari a frappé à plusieurs reprises à la porte, alors fermée à clé. L’homme aurait alors persisté tout en l’insultant. Son épouse lui aurait alors ouvert la porte et c’est à ce moment précis que l’accusé l’aurait agressée en lui tirant les cheveux. Selon la plaignante, sa belle-fille serait ensuite intervenue pour les séparer, avant d’ajouter avoir dû se rendre à l’hôpital pour y recevoir des soins.
L’accusé, lui, nie tout en bloc, déclarant qu’il dormait au moment des faits présumés. Il admet cependant qu’il connaissait des déboires depuis un moment, sa femme, affirme-t-il, entretenant des relations extraconjugales. Ce qu’il n’aurait pas manqué de lui reprocher, selon lui, avec pour effet que son épouse, fâchée, porte plainte contre lui, ce qu’elle aurait fait à plusieurs reprises. Le mari concède qu’il était furieux de cette situation mais nie cependant avoir agressé son épouse à cet effet.
Dans son jugement, la magistrate a pris en considération le fait que le couple n’était pas en bons termes et que l’épouse avait demandé un “protection order” à l’encontre de son mari. La juge a fait part aux parties que la version de l’épouse et de celle de sa belle-fille n’étaient « pas assez convaincantes » que pour pouvoir inculper le mari. Elle a par ailleurs noté que la “victime” avait changé de version en cour concernant les circonstances de l’agression, indiquant que son mari lui avait proféré des mots injurieux, ce dont elle n’avait pas fait mention à la police. La magistrate n’a par ailleurs pas été convaincue des raisons données pour justifier cet « oubli », la plaignante s’étant contentée de dire qu’elle était « confuse » parce qu’elle avait consigné plusieurs dépositions à la police concernant son mari.
Enfin, questionnée sur la déposition qu’elle avait donnée à la police deux mois après l’incident, la belle-fille « est restée muette et semblait embarrassée », a estimé la magistrate. Cette dernière a par conséquent accordé le bénéfice du doute au mari qui, selon elle, « has withstood the test of cross-examination  and his version is plausible ».