Le diocèse anglican s’associe au combat pour l’élimination de la violence envers les femmes avec une campagne de sensibilisation de 16 jours. A cette occasion, Mgr Ian Ernest, évêque de Maurice, a exhorté la population à apporter une contribution à ce combat.

On relève ainsi cet appel insistant de l’évêque lancé aux jeunes pour donner un coup de main pour combattre « ce mal qui détruit » la vie de nombreux individus et celles des familles des victimes.

L’évêque de Maurice a fait part de son « indignation » et de sa « tristesse » devant la recrudescence des cas de violence de toutes sortes envers les femmes. «Selon une recherche de l’OMS, 35% des femmes dans le monde subissent une violence physique ou sexuelle. A Maurice, ce problème est réel… » a-t-il dit. « Dans notre pays, des épouses, des filles, des mères subissent des abus psychologiques, sexuels et physiques, et cela transcende les barrières de culture, de classe sociale ou de statut financier. Plusieurs d’entre nous connaissent une personne qui subit en silence ce problème.

Ces victimes, qui vivent des moments de honte, de solitude et de peur, n’osent pas en parler. Ne fermons pas les yeux, ne fermons la bouche. En ne dénonçant pas, nous devenons complices d’une telle situation », a-t-il poursuivi.

Cette campagne de sensibilisation est une initiative de la Mothers Union de l’église anglicane. Au diocèse de Maurice, ces 16 jours d’activisme, a indiqué Mgr Ernest, « se dérouleront dans la prière, dans la réflexion et par des actions concrètes ».

Cette campagne prendra fin le 10 décembre, soit la Journée internationale des Droits humains.

Mgr Ernest soutient que « c’est la responsabilité de tout citoyen d’agir pour mettre un frein à ce problème». Estimant que « les jeunes peuvent apporter une grande contribution » dans ce combat, il leur demande de « ne pas rester indifférents » à cette question. « Notre jeunesse doit sortir de l’ombre pour dénoncer ce mal et encourager les personnes à se libérer de leur peur. »

Et d’ajouter en direction des jeunes anglicans : « La violence, quelle que soit sa forme, est incompatible avec notre rôle et notre responsabilité de chrétien et de disciple du Christ. »

Par ailleurs, le diocèse anglican a lancé officiellement dimanche un service d’écoute à l’intention des victimes de violences domestiques et de leurs proches. Cette tâche a été confiée à un comité composé de quatre fidèles de la communion anglicane, avec différentes compétences et expériences professionnelles, notamment Rev Eric Luximon, Sylvia Rajiah, Hilda Yerriah et Prasanna Moses. « Ce service d’écoute fonctionne d’une manière permanente et n’est pas réservé qu’aux anglicans.

Ce comité agira en toute confidentialité et apportera une oreille attentive à ceux qui veulent parler de leurs souffrances et qui cherchent un soutien pour guérir de leurs blessures et avancer dans la vie avec une paix intérieure », a expliqué Mgr Ernest au sujet de la mission de ce service d’écoute.