India's Prime Minister Narendra Modi speaks during a joint press conference with US President Donald Trump (not pictured) at Hyderabad House in New Delhi on February 25, 2020. (Photo by Prakash SINGH / AFP)

Le Premier ministre indien Narendra Modi a appelé mercredi les habitants de Delhi à « la paix et la fraternité » après des violences intercommunautaires qui ont fait 20 morts et près de 200 blessés dans la capitale indienne.

« J’appelle mes sœurs et frères de Delhi à maintenir en tout temps la paix et la fraternité. Il est important que le calme et la normalité soient rétablis au plus vite », a déclaré le nationaliste hindou sur son compte Twitter.

Le chef de gouvernement indien a également indiqué avoir participé à une réunion pour évaluer la situation en divers endroits de la ville. « La police et les autres agences travaillent sur le terrain » à garantir le calme, a-t-il ajouté.

Des émeutiers armés de pierres, de sabres et parfois même de pistolets, sèment le chaos et la terreur depuis dimanche dans des zones périphériques à majorité musulmane du nord-est de la mégapole, éloignées d’une dizaine de kilomètres du centre. De nombreux travailleurs migrants pauvres y résident.

Lors de multiples incidents rapportés par la presse indienne, des groupes armés hindous s’en sont pris à des lieux et à des personnes identifiés comme musulmans. Des témoignages concordants font état de bandes criant « Jai Shri Ram » (« Vive le dieu Ram »).

Des heurts entre partisans et opposants d’une loi controversée sur la citoyenneté, jugée discriminatoire envers les musulmans par ses détracteurs, ont dégénéré en affrontements communautaires, entre hindous et musulmans.

Cette flambée de violence a éclaté au moment de la visite d’État en Inde du président américain Donald Trump, qui s’est achevée mardi par des entretiens avec Narendra Modi à New Delhi.

L’homme fort de l’Inde est confronté depuis décembre à un vaste mouvement de contestation contre une nouvelle législation qui facilite l’attribution de la citoyenneté indienne à des réfugiés, à condition qu’ils ne soient pas musulmans.

Ce texte a cristallisé les craintes de la minorité musulmane d’être reléguée au rang de citoyens de seconde classe, dans cette nation où les hindous représentent 80% de la population. La loi a provoqué les plus importantes manifestations dans le pays d’Asie du Sud depuis l’arrivée au pouvoir de Narendra Modi en 2014.

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