AFP

L’OMS a averti vendredi que la fermeture des frontières avec la Chine, foyer du nouveau coronavirus, serait contre-productif car cela risque de pousser les personnes à voyager illégalement, favorisant la propagation de l’épidémie.

« Il a été dit et réitéré très clairement que les restrictions aux voyages et au commerce ne sont pas recommandées par l’Organisation mondiale de la santé », a souligné un porte-parole de l’agence, Christian Lindmeier, lors d’un point de presse à Genève.

« Il semble peut-être logique de dire +Regardez, nous voyons un danger venir, alors enfermons-nous+. Mais comme l’ont montré d’autres situations, comme notamment avec Ebola, quand les gens veulent voyager, ils le font. Et si les frontières officielles ne sont pas ouvertes, ils trouveront d’autres points de passage informels », a-t-il dit.

Alors que l’angoisse mondiale monte autour du virus, qui a tué 213 personnes en Chine depuis son apparition fin décembre dans ce pays, la Russie, Singapour et la Mongolie, ont annoncé la fermeture de leurs frontières aux voyageurs venant du géant asiatique afin de tenter de limiter la propagation de l’épidémie de pneumonie virale.

Or, a relevé Christian Lindmeier, « la seule façon de contrôler qui passe par les frontières et de surveiller s’ils présentent des signes d’infection, c’est en les faisant passer par des points de passage officiels ».

Il est dont « important » de laisser les frontières ouvertes car tout franchissement illégal augmenterait le risque de propagation de l’épidémie, a-t-il insisté.

Si l’OMS estime qu’il n’y a pas lieu de limiter les voyages avec la Chine, le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a loué avec véhémence, et à de multiples reprises, les mesures prises par Pékin – dont la mise en place d’un cordon sanitaire qui concerne quelque 56 millions de personnes – pour endiguer l’épidémie.

Interrogé sur la différence d’appréciation de ces mesures d’isolement, le porte-parole de l’OMS a rappelé que son directeur avait dit espérer que les mesures chinoises soient « à la fois efficaces et de courte durée ».

Le nombre de patients contaminés approche 10.000 en Chine continentale (hors Hong Kong et Macao), dépassant celui atteint lors de l’épidémie de Sras (Syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

Si l’immense majorité des cas de contamination restent localisés en Chine, une centaine ont également été déclarés dans près de 20 autres pays, y compris en Europe et Amérique du nord. L’OMS et la Chine se sont mis d’accord sur l’envoi d’une mission internationale d’experts, mais les détails ne sont pas encore connus, a indiqué l’organisation vendredi.

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