Le pape Jean Paul II dans sa papamobile lors de sa visite à Maurice en 1989

Trente ans après la visite de l’ancien souverain pontife, connu aujourd’hui comme Saint Jean Paul II, Maurice s’apprête, non sans honneur, à accueillir le présent pape François en septembre prochain. Lors de sa visite en 1989, Jean Paul II s’était déplacé à bord de deux papamobiles, à savoir son propre véhicule transporté d’Italie et une Land Rover de 3500 cc. C’est dans la cabine blindée juchée sur la même Land Rover que le Saint Père était acclamé par les Mauriciens, notamment à Marie Reine de la Paix et au stade de Rose-Hill. Qu’est-il advenu de cette papamobile trois décennies après ? Réponse.

Dans la cour de l’église Notre Dame du Refuge, à New-Grove, se tient une Land Rover. Pas n’importe laquelle, même si elle n’est aujourd’hui plus entourée de la grande foule de 1989. Surmontée d’une cabine blindée, elle a en effet servi à transporter Jean Paul II à Marie Reine de la Paix et au Stade de Rose-Hill en 1989. Une manne tombée du ciel pour les paroissiens, qui ont hérité de ce véhicule considéré sacré par les fidèles en guise de souvenir.

La paroisse de New-Grove veut au plus vite trouver un espace plus sûr pour le véhicule à travers l’aménagement d’un musée

Pourtant, le destin de cette papamobile a été assez incertain pendant quelques années. Après avoir été utilisée comme telle, la Land Rover est retournée à la police. La cabine, elle, a été offerte en don en 2011 à la paroisse de Notre Dame du Refuge, suite à la demande d’un paroissien au Bureau du Premier ministre. Quelques années après, prenant connaissance de l’état de cette cabine, qui contrastait nettement à la valeur d’une relique qu’elle avait, Christophe Leroux, président de Vintage and Classic Car Owners Association et membre exécutif de SOS Patrimoine, décide d’agir. « Elle était dans un état déplorable. Il n’y avait que la cabine blindée sans la Land Rover. J’ai demandé à la Fabrique si on pouvait la retaper et la garder comme un souvenir. Celle-ci a accepté. Mais, pour ce faire, il a fallu contacter l’agence Land Rover, qui avait vendu le véhicule à la police », explique-t-il.

Christophe Leroux apprend alors que la police a vendu le véhicule à un garagiste. Il fait tout pour remonter jusqu’à ce dernier. Lorsqu’il le retrouve enfin et vois le véhicule, il découvre qu’il « ne restait pas grand-chose ». Il ajoute : « Les portes avaient été enlevées, il n’y avait plus de sièges ni de pare-brise. » Comprenant son désir de sauver un tel patrimoine, un bienfaiteur lui propose de racheter le véhicule du garagiste pour qu’il soit restauré.

Malheureusement, prise par un contretemps, la personne retire sa proposition. C’est l’association Vintage Car qui encourt alors les dépenses pour le rachat de la Land Rover. L’amoureux des voitures de collection approche alors la compagnie General Construction, qui se charge de transporter le véhicule et la cabine dans son garage. C’est cette même compagnie qui replace la cabine sur la Land Rover. « Ils ont fait cela gratuitement et dans l’anonymat », souligne Christophe Leroux. Selon lui, « la cabine avait été fabriquée en Italie ». Il explique : « Il y avait deux cabines lors de la visite du pape en 1989 : une appartenant au Vatican et l’autre achetée en Italie par Maurice. »

Une fois la papamobile retapée et repeinte, elle a été retournée à la cure de Notre Dame Du Refuge il y a deux ans. « Les vitres blindées de la cabine qui étaient abîmées ont été remplacées par les paroissiens », dit-il. Christophe Leroux explique avoir voulu restaurer la papamobile en guise de souvenir. « Elle était à l’abandon. J’ai supervisé les travaux mais c’est General Construction qui y a travaillé », indique-t-il. La papamobile n’a aujourd’hui plus de moteur mais elle se repose paisiblement dans la cour de l’église, à New-Grove. Il faut rappeler que, contrairement aux autres papes, le pape François, lui, roule en décapotable.

Le président de la fabrique de Notre Dame du Refuge, Clifford Naiker, indique que la paroisse « travaille sur un projet de musée « qui permettrait à la papamobile un abri plus sûr », mais qu’à présent, c’est « le financement qui fait défaut ». Pas moins de Rs 600 000, serait nécessaire pour aménager un tel espace. « L’Évêché est prêt à nous fournir des documents historiques pour le musée mais nous attendons de recueillir de l’argent », souligne-t-il. Il dit espérer pouvoir réaliser cela avant l’arrivée du pape François en septembre. En attendant de raconter son histoire au public, la papamobile se repose dans la cour de l’église, très certainement sous le regard protecteur de Saint Jean Paul II…